Dernière modification le
Journée de commémoration nationale 2026 – proclamation du gouvernement
80 ans après la première Journée de commémoration nationale en 1946, cette journée reste un moment central de la mémoire nationale. La cérémonie officielle du gouvernement dans la capitale est l'occasion de rendre hommage aux victimes et de rappeler les événements du passé. Au fil du temps, cette commémoration s'est aussi constamment développée et réinventée pour s'adapter à son époque.
La Journée nationale de commémoration trouve son origine dans le recensement du 10 octobre 1941. Sous prétexte d'un comptage de la population, des données personnelles devaient être collectées afin, entre autres, d'identifier la population juive et de contraindre les Luxembourgeoises et Luxembourgeois à répondre aux questions concernant leur langue maternelle et leur prétendue "appartenance ethnique" par "allemand". Par des tracts et des affiches, la Résistance luxembourgeoise a appelé la population à répondre aux questions correspondantes par "luxembourgeois". Cet appel a eu une telle résonance que le recensement a finalement dû être abandonné.
En 2026, cela fait 85 ans que ce recensement a été annulé. L'échec de ce comptage est et reste un grand succès des mouvements de résistance. Aujourd'hui, nous commémorons leur engagement inébranlable dans la lutte contre l'oppression et la tyrannie. Leur exemple reste pour nous et pour les générations futures une source d'inspiration et un appel à défendre les valeurs sur lesquelles notre coexistence démocratique est construite.
Outre le courage des résistantes et résistants, nous voulons aujourd'hui également rappeler la souffrance indicible des Enrôlés de force et des familles déplacées de force. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, des milliers de jeunes ont été enrôlés contre leur gré dans la Wehrmacht et envoyés au front. Pas moins de 3.614 jeunes femmes ont également été contraintes de travailler pour l'occupant, notamment dans le Reichsarbeitsdienst et le Kriegshilfsdienst, tandis que des familles entières, considérées comme "hostiles aux Allemands", étaient déplacées de force.
De même, nous rappelons aujourd'hui le destin cruel de nos concitoyennes et concitoyens juifs qui ont été persécutés, déportés et assassinés par les nazis. Le 16 octobre 1941, le premier convoi de déportation quittait le Luxembourg en direction de Litzmannstadt (Łódź), en Pologne occupée. Ce départ marque le début de la déportation des Juifs du Luxembourg vers les ghettos et les camps d'extermination du régime national-socialiste.
Tous ces événements nous rappellent à quel point la liberté, la dignité humaine et l'État de droit peuvent être fragiles. Ils nous engagent tous à garder vivante la mémoire de toutes les victimes et à nous engager résolument contre l'antisémitisme, le racisme, l'intolérance et toutes les formes d'exclusion.
Ce n'est que par le rappel des leçons du passé que nous pouvons préserver les fondements de notre coexistence pacifique et démocratique, au bénéfice des générations actuelles et futures.
Luc FRIEDEN, Xavier BETTEL, Marc SPAUTZ, Martine HANSEN, Claude MEISCH, Lex DELLES,
Yuriko BACKES, Max HAHN, Gilles ROTH, Martine DEPREZ, Léon GLODEN,
Stéphanie OBERTIN, Serge WILMES, Elisabeth MARGUE, Eric THILL
Communiqué par le ministère d'État