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Jean-Claude Juncker, Discours à l'occasion du déjeuner offert par le gouvernement luxembourgeois à l'occasion de la visite d'État au Luxembourg de S.M. la reine des Pays-Bas
Majesteit, niet alleen mijn herinnering, maar ook ikzelf voel mij bijzonder vereerd, dat u voor de tweede keer tijdens uw Regeerperiode het Groothertogdom Luxemburg bezoekt. We weten dat dit uitzonderlijk is. We waarderen uw bezoek ook daarom niet alleen als een bijzondere eer, maar zien het ook als waardering voor het Luxemburgse volk en de innige band met Nederland. Daarom nogmaals van harte onze grote dank. Oef.
[Votre Majesté, c’est un grand honneur pour moi de vous accueillir au Grand-Duché de Luxembourg, à l’occasion de votre deuxième visite officielle dans notre pays. Nous savons que cela est exceptionnel. Votre visite est donc non seulement un grand honneur, mais aussi une belle reconnaissance pour le peuple luxembourgeois et les liens étroits qui unissent nos pays. Je tiens donc à vous exprimer une fois de plus nos plus chaleureux remerciements. Ouf !]
Majesté, Altesses Royales
Les liens qui unissent les Pays-Bas et le Grand-duché du Luxembourg sont nombreux et à stratification multiple. Il y a d'abord le socle d'un passé historique sur lequel le présent peut prendre appui. Au 19e siècle les Rois Grands-ducs successifs, chacun à sa façon, imprégnèrent de leur marque le destin et le devenir de notre pays.
Guillaume I, qui régnait sur le Luxembourg et qui en fait nous considérait comme étant la 18e province des Pays Bas.
Guillaume II, qui lui régnait pour le Luxembourg, et en l'honneur duquel les luxembourgeois érigèrent en face du Palais une statue équestre parce qu'il nous donna une constitution libérale et parce qu'il n'avait de cesse pour défendre l'indépendance de notre pays. Je vous fais remarquer pour le reste, Majesté, que les luxembourgeois ont érigé en l'honneur de Guillaume II la statue équestre avec, je crois, une quinzaine d'années d'avance sur le même geste que les néerlandais posèrent à La Haye.
Et puis il y a eu le Prince Hendrik qui régnait avec les luxembourgeois. Lui, prince lieutenant représentant Guillaume III, qui pendant les années de crise 1867, 1870 prît sur lui des risques considérables pour imposer notre indépendance au reste de l'Europe écartelée.
Il y a eu ensuite les tragédies du 20e siècle et notamment la plus terrible d'entre elles, la 2e guerre mondiale qui a vu les troupes d'occupation allemande envahir le même jour nos 2 pays. Occupation lourde, occupation aveugle qui brisa tant de rêves et tant de biographies.
Et puis il y a eu au sortir de la guerre, la mise en commun de nos intérêts, voire, de nos souverainetés dans le cadre précurseur du Benelux qui en fait préfigura les communautés européennes, qui allaient devenir l'Union européenne. Oui, grandes aventures et grands projets européens auxquels néerlandais et luxembourgeois, leurs souverains, leurs gouvernements, leurs peuples ont tant donné et dont ils ont tant reçus.
Il revient à nos générations d'aujourd'hui de parfaire par des couches successives cette architecture continentale en nous armant de cette patience et de cette détermination qui exigent les longues distances et les grandes ambitions. Je ne peux pas ne pas nous rappeler que cette année 2012 nous fêtions le 20e anniversaire de la signature du traité sur l'Union européenne qui porte le nom de la capitale de Limbourg, Maastricht. J'ai signé ce traité le 7 février 1992. Et lorsque j'essaie de découvrir dans les salles du conseil européen, dans les salles des ministres des finances, dans les salles des ministres des affaires étrangères, ceux qui m'assistaient à l'époque, je ne vois plus personne. Je suis le seul signataire du traité de Maastricht. Et donc l'Euro et moi-même nous sommes les seuls survivants du traité de Maastricht.
Mais Majesté, outre ce socle d'histoire commune et partagée, outre la mémoire auquel nous invitent les tragédies du 20e siècle, outre le fait que depuis le début des années 1950, nous avons joint nos efforts, nos énergies, nos talents, nos espoirs, dans le cadre des institutions qui servent l'intégration européenne, il y a entre nous une autre histoire. Une histoire plus palpable, plus directe, plus humaine et c'est Vous Majesté, qui donnait à cette dimension, qui en fait est une relation, votre visage. Les luxembourgeois se souviennent et se souviendront de vous comme de quelqu'un qui a su partager nos joies et qui a partagé nos peines. Vous étiez parmi nous en l'an 2000, lorsque notre Grand-duc a pris la succession de son père, le Grand-duc Jean. Vous partagiez notre deuil, lorsque la mère du Grand-duc nous quitta pour toujours. Je vois dans cette double présence le signe de Votre attachement à la famille grand-ducale auquel vous lie une amitié déjà ancienne et au-delà, la preuve de votre attachement à notre pays. Oui les relations entre le Royaume des Pays-Bas et le Grand-duché de Luxembourg sont bonnes, en fait elles sont excellentes.
Majesteit, wij voelen ons intens verbonden met Nederland en de Nederlanders. En we houden van u, de Nederlandse Koningin.
[Votre Majesté, sachez que nous nous sentons très étroitement liés aux Pays-Bas et à son peuple. Et nous vous aimons, Votre Majesté la reine des Pays-Bas !]
Je me permettrai de lever mon verre en formulant les vœux que vous savez. Au bonheur de la Reine des Pays-Bas et de sa famille. Au bonheur du Grand-duc et de la Grande-duchesse et à l'amitié entre nos peuples. Ob uw gezondheid. Prost. [A votre santé !]