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Le Premier ministre Jean-Claude Juncker est l'invité d'honneur du Bauindustrieverein Nordrhein-Westfalen à l'occasion du Freundschaftsmahl St. Martin
Le 11 novembre 2008, le Premier ministre Jean-Claude Juncker était invité à prononcer le discours d’honneur à l’occasion du Martinsmahl, placé sous le thème "Die Europäische Union: Identitätskrise oder Zukunftsmodell? - L’Union européenne: crise identitaire ou modèle d’avenir?".
Lors de son discours, le Premier ministre a de prime abord salué la thématique de la soirée, placée sous les auspices de Saint Martin, symbolisant le partage, l’entraide et la charité.
Concernant la thématique européenne, le Premier ministre a enchaîné en parlant du formidable projet d’entraide et de paix que constitue l’Union européenne. Paradoxalement, alors que les Européens n’arrivent plus à être fiers de ce qu’ils ont accompli au fil des décennies, l’Union européenne est objet de sympathie et d’admiration partout ailleurs dans monde, où les gens regardent avec respect ce projet de coopération et de collaboration unique au monde.
D’après Jean-Claude Juncker, il est très affligeant de voir que les Européens ne sont plus fiers de ce projet de paix, qui a pourtant été construit par "cette génération qui a vécu la guerre, par ces hommes et femmes qui, revenant de champs de bataille et des camps de concentration dans leurs villes et villages détruits, ont commencé à construire une Europe unie, avec ce cri du cœur "plus jamais la guerre", qui est devenu programme politique". Et d’enchaîner: "C’est cette génération, nos prédécesseurs, qui a tout accompli, et nous a grandement facilité la tâche; nous qui oublions si facilement à quelle point la guerre peut être proche, comme nous l’avons vu une fois de plus au cours de cet été 2008 lors du conflit dans le Caucase." Ainsi, d’après le Premier ministre Juncker, "l’Union européenne est un projet de paix par d’autres moyens, par les moyens du marché commun".
Un des autres grands accomplissements de l’Union européenne est son élargissement vers l’Europe centrale et orientale, ce qui constitue "la réconciliation entre l’histoire et la géographie européennes". Ainsi, le Premier ministre a déploré le manque de fierté du peuple allemand face à la réunification - allemande et européenne, alors qu’après la chute du mur de Berlin, une incroyable atmosphère d’optimisme régnait, et qu’on venait de prouver à l’Histoire que les peuples eux-mêmes pouvaient écrire l’Histoire.
Parmi d’autres projets européens qui ne soulèvent plus guère d’admiration, le Premier ministre a cité l’euro, comme "un des plus grands accomplissements jamais égalés au monde". "Imaginez un seul instant que l’euro n’avait pas existé lors de la crise financière que nous traversons actuellement, que serait-il advenu de nos monnaies nationales face à la crise qui a malmené nos économies?", a-t-il poursuivi. Ainsi, "la nécessité de concertation entre les États membres de l’Union européenne est relativement facile, parce qu’il y a l’élément fédérateur de l’euro, qui protège nos économies", a poursuivi le Premier ministre. "La coopération entre les États membres de l’Union européenne nous aidera à surmonter de manière relativement indemne la crise financière."
Et de conclure: "Nous ne sommes pas impuissants face à la crise; en revanche, il importe maintenant plus que jamais de considérer l’Union européenne comme le projet d’avenir par excellence, malgré le fait que ce projet pourra toujours se trouver en une crise identitaire."