Le 18 mai 2011, le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, s’est rendu à Paris pour une visite de travail.
Le ministre Asselborn a rencontré le président de l’Autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, pour un déjeuner avant d’avoir une entrevue avec l’ancien secrétaire général du parti socialiste français, François Hollande, actuellement député et président du Conseil général de Corrèze.
Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a ensuite rencontré son homologue français, Alain Juppé, pour une entrevue bilatérale au Quai d’Orsay.
Les ministres se sont félicités de l’excellence des relations bilatérales et ont fait le point notamment sur les relations transfrontalières, qui ont récemment gagné une intensité dynamique grâce aux travaux de la commission mixte franco-luxembourgeoise. Depuis la signature le 26 janvier 2010 d’une convention bilatérale, cette commission mixte, qui se réunit au moins une fois par an, a pour mission de faciliter les échanges dans tous les domaines d’intérêt commun et de lever les obstacles éventuels, en particulier concernant les flux des travailleurs frontaliers. Plusieurs projets sont désormais développés en proche collaboration des deux côtés, tels que le développement d’un pôle de santé et d’un pôle éco-accélérateur pour le développement durable d’entreprises, des questions liées aux infrastructures routières, ferroviaires et maritimes, ainsi que l’implantation d’un Conservatoire national des Arts et Métiers à Esch-Belval.
Les questions de l’exploitation de l’énergie nucléaire, de la sûreté ainsi que de la sécurité des centrales nucléaires ont également été évoquées par les ministres. La catastrophe dans la centrale nucléaire de Fukushima ayant suscité les craintes des populations dans le monde entier et notamment celles qui vivent dans le périmètre proche d’une centrale nucléaire, le ministre a évoqué les interrogations des populations dans la région transfrontalière au sujet de la sûreté nucléaire. Suite à l’échange de lettres entre les deux ministres et dans le contexte de l’élaboration des "stress tests" au niveau européen, le Jean Asselborn a réitéré sa demande concernant des assurances que tous les risques potentiels soient évalués correctement, que toutes les mesures de sécurité soient prises et que les conséquences d’éventuelles attaques terroristes soient également prises en compte. De plus, le ministre Asselborn a souligné que, si des mécanismes de concertation et d’information ont bien été mis en place depuis un certain temps déjà, il importe de renforcer cette coopération ainsi que les échanges d’information en réponse aux craintes légitimes des concitoyens.
Les discussions se sont concentrées ensuite sur plusieurs dossiers européens, parmi lesquels ont figuré, entre autres, le processus d’élargissement de l’Union européenne. A ce sujet, les ministres ont fait une analyse des progrès réalisés par les différents pays-candidats à l’adhésion à l’Union européenne et se sont entretenus de la situation des pays dans les Balkans occidentaux.
Les évolutions récentes relatives à l’espace "Schengen" ont également été abordées lors des discussions. Suite aux déplacements et migrations importants de personnes dans la région suite aux bouleversements dans le voisinage sud de l’Union européenne, le ministre Asselborn a exprimé ses réserves face aux propositions d'étendre la clause de sauvegarde et de revoir la gouvernance de l’espace Schengen. En effet, le ministre Asselborn a souligné que toute modification éventuelle doit se faire sur les bases légales existantes et que des questions d’immigration, de sécurité et de réadmission ainsi que de renforcement des frontières devraient être traitées globalement et dans une perspective communautaire.
Ensuite, les ministres se sont tournés vers la situation actuelle dans le voisinage sud de l’UE suite aux événements des derniers mois dans cette région. Les ministres ont eu un échange de vues sur la situation en Lybie et en Syrie, et se sont également penchés sur les processus de transition en Tunisie et en Egypte.
Enfin, les ministres ont également évoqué le processus de paix au Proche- et Moyen-Orient et se sont félicités de la concordance des vues françaises et luxembourgeoises.