Jean Asselborn aux Conseils "Affaires étrangères" et "Affaires générales" à Bruxelles

Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a participé aux Conseils "Affaires étrangères" (CAE) et "Affaires générales" (CAG) de l’Union européenne (UE) le 23 mai 2011 à Bruxelles.

Conseil "Affaires étrangères"

Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont débuté leurs travaux au sein du Conseil "Affaires étrangères" (CAE) qui a été présidé par la haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton.

Les discussions ont porté tout d’abord sur la situation actuelle dans le "voisinage sud" de l’Union européenne, se concentrant plus particulièrement sur la situation en Lybie. La haute représentante a fait le point sur son déplacement à Benghazi, le 22 mai, dans le cadre de l’ouverture d’un bureau temporaire de l’Union européenne. Les ministres se sont entretenus sur la transition politique en Libye, l’aide de l’UE à moyen et long terme, ainsi que la coopération de l’UE avec l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies. Les ministres ont réitéré le constat que le régime du colonel Kadhafi a perdu toute légitimité. Le ministre Asselborn a souligné qu’il est crucial que les sanctions imposées tant par l’UE, tant par les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, soient respectées par tous les membres de la communauté internationale en vue de la protection de la population civile et la fin des violences du régime du colonel Kadhafi. Il s’est également félicité de la mise en place de mécanismes destinés à assurer le financement du Conseil national intérimaire établi à Benghazi, en précisant qu’ils "doivent se baser sur les principes de la transparence, de la bonne gouvernance et de l’état de droit".

À la lumière des événements récents en Syrie, les ministres ont eu un échange de vues sur les sanctions qui ont été imposées au cours de la semaine dernière, ainsi que sur la suspension de l’accord de coopération et sur les options futures en la matière. Le Conseil a condamné la répression et la violence en Syrie, a appelé le gouvernement syrien à garantir le libre accès à l’aide humanitaire sur son territoire et a demandé que le gouvernement respecte les demandes légitimes du peuple syrien. Le Conseil a suspendu les préparations en vue de l’élaboration de nouveaux programmes de coopération bilatérale, ainsi que les programmes de coopération existants. Les ministres ont également imposé de nouvelles restrictions contre des membres des autorités syriennes, y compris au plus haut niveau.

Dans le contexte des bouleversements en Afrique du Nord, au Proche- et au Moyen-Orient, les ministres ont également évoqué la situation en Égypte, en Tunisie et au Maroc, ainsi qu’au Bahreïn et au Yémen. En ce qui concerne la situation en Égypte, le ministre Asselborn a salué les déclarations du président des États-Unis au cours de la semaine dernière, déclarations qui représentent, selon lui, un signal de soutien fort aux aspirations démocratiques du peuple égyptien. Dans ce contexte, le ministre Asselborn a souligné que l’Union européenne se doit également de soutenir le processus de transition en Égypte. En vue des élections présidentielles, "l’Europe devra reconnaître le résultat de ces élections", a averti le ministre et s’est félicité des progrès réalisés en Tunisie dans le domaine de réformes démocratiques. En ce qui concerne la situation au Bahreïn, le Conseil a dénoncé les condamnations à mort de plusieurs détenus suite aux violences des derniers mois et a exhorté le gouvernement de réinstaurer le moratoire sur la peine de mort, ainsi que de respecter les droits de l’Homme et les libertés fondamentales.

Les ministres ont ensuite eu un débat sur le processus de paix au Proche-Orient. Dans le contexte du discours du président des États-Unis du 19 mai et de la visite du Premier ministre israélien à Washington, la haute représentante a fourni des informations sur ses récentes discussions lors de son déplacement à Washington. Les ministres se sont entretenus notamment sur la question de la réconciliation intra-palestinienne ainsi que sur la position commune de l’Union européenne. Le ministre Asselborn a vivement salué les déclarations du président Obama, qui représentent un signal important à un moment crucial dans les efforts de "faire retourner Israéliens et Palestiniens à la table des négociations". Le ministre Asselborn a également exprimé sa satisfaction sur les progrès importants réalisés dans le processus de réconciliation entre les mouvements du Hamas et du Fatah. Néanmoins, il a rappelé que la mise en œuvre de l’accord devra respecter les conditions du Quartette, qui sont notamment la renonciation à la violence, la reconnaissance du droit d’existence d’Israël et le respect des accords existants.

Les travaux du Conseil ont également porté sur la nouvelle stratégie de l’Union européenne sur les droits de l’Homme qui pourrait être adoptée au mois de juin. Les ministres ont ensuite procédé à un état des lieux de la situation au Soudan et ont fait le point sur le processus de transition vers la création officielle du Sud-Soudan attendue le 9 juillet 2011. Ils se sont penchés sur les modalités de reconnaissance du nouvel État sud-soudanais et ont examiné comment l’UE peut apporter son soutien. À cette fin, la haute représentante a présenté les travaux en cours sur une stratégie globale de l’UE aux niveaux politique, économique, de la sécurité et du développement. Suite aux échanges de vues, le Conseil a alloué 200 millions d'euros à la coopération au développement avec le Sud-Soudan.

Les ministres ont évoqué plusieurs autres sujets, parmi lesquels ont figuré, entre autre, la situation actuelle en Bosnie-Herzégovine suite à l’accord obtenu pour l’annulation de l’organisation d’un référendum sur la justice centrale en Republica Srpska, la situation dans le Caucase du Sud et plus particulièrement la situation en Arménie, en Azerbaïdjan et en Géorgie. Les ministres y ont fait le point sur la question de la stabilité dans la région et en particulier dans le Nagorno-Karabakh.

Enfin, les ministres ont encore brièvement abordé la situation en Biélorussie et en Albanie. Suite à la répression exercée par le régime bélarusse à l’encontre de l’opposition, le ministre Asselborn a exprimé ses vives préoccupations à l’égard de la situation politique interne en Biélorussie et a appelé le régime bélarusse à respecter les droits politiques fondamentaux ainsi que les droits de l’Homme.

Lors d’un déjeuner de travail, les ministres se sont concentrés plus profondément sur les modalités de fonctionnement du Service européen d’action extérieure (SEAE) et de ses différentes structures. Catherine Ashton a fait le point sur les progrès réalisés à ce stade de l’établissement du SEAE et les discussions se sont poursuivies sur la question de la coopération entre le SEAE et les ambassades des États membres dans les pays tiers, ainsi que la coopération avec les présidences tournantes. Les discussions ont également porté sur les points saillants d’un papier élaboré par les pays membres du Benelux, présenté conjointement par le ministre Asselborn avec ses homologues néerlandais et belge. Le papier plaide pour l’amélioration de la coordination et des synergies entre le service diplomatique européen et les services diplomatiques des États membres. Cette coopération approfondie se concentre particulièrement sur les domaines de la coopération entre délégations de l’UE dans des pays tiers et, justement, les ambassades d’États membres de l’UE, un partage et échange plus systématique d’informations et de rapports entre SEAE et États membres, ou encore l’amélioration de procédures de gestion de crises. Un élément souligné particulièrement par le ministre Asselborn a été la définition de tâches consulaires que les délégations du SEAE pourraient assumer pour des ressortissants d’États membres de l’UE n’ayant pas de représentation dans certains pays tiers.

Conseil "Affaires générales"

La session du Conseil "Affaires étrangères" (CAE) a été suivie par celle du Conseil "Affaires générales" (CAG), qui a été présidé par le ministre des Affaires étrangères de la Hongrie, János Martonyi.

Les ministres ont débuté leurs travaux par une discussion sur un projet d’ordre du jour en vue du Conseil européen du mois de juin, qui se concentrera plus particulièrement sur la politique économique et de migration, ainsi que sur les progrès effectués dans les négociations avec la Croatie sur son adhésion à l’Union européenne. Le Conseil européen se prononcera également sur le lancement de la stratégie pour la région de Danube.

Le Conseil a étudié ensuite un rapport de la présidence hongroise sur l’intégration de la population rom dans l’UE. Les ministres ont eu un échange de vues sur la question de l’établissement de stratégies d’intégration destinées à atteindre cet objectif dans les domaines de l’éducation, de l’emploi des soins de santé et du logement.

Enfin, les ministres ont eu un échange de vues sur le processus d’élargissement de l’Union européenne dans le contexte des négociations d’adhésion avec la Croatie, et ont terminé leurs travaux par un débat sur la mise en œuvre de la charte des droits fondamentaux de l’UE.

Membre du gouvernement

ASSELBORN Jean

Date de l'événement

22.05.2011

Type(s)

Réunion UE