Jean Asselborn au Conseil "Affaires étrangères" au Kirchberg

Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a participé au Conseil "Affaires étrangères" (CAE) de l’Union européenne (UE) le 25 juin 2012 au nouveau centre de conférence au Kirchberg.

Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont débuté les travaux du Conseil "Affaires étrangères", sous présidence de la Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune, Catherine Ashton, par une discussion sur la situation dans le voisinage sud de l’Union européenne.

Tout d’abord, les ministres se sont penchés sur la crise syrienne. Suite aux récents développements, entre autres le massacre de Houla, les discussions menées récemment avec la Russie, les développements au niveau des Nations unies, tout comme la suspension de la mission d’observation des Nations unies MISNUS à cause de la dégradation de la situation sécuritaire en Syrie et la poursuite des atrocités, le Conseil a mené un échange de vues en perspective de la réunion ministérielle du Groupe des amis du peuple syrien, qui aura lieu le 6 juillet à Paris, ainsi que sur l’initiative de la part de l’émissaire conjoint de la Ligue arabe et des Nations unies, Kofi Annan, de réunir un groupe de contact chargé de faire avancer les efforts d’une résolution politique de la crise.

Le Conseil a condamné la violence brutale ainsi que les massacres commis contre la population civile et a appelé le régime syrien à un arrêt immédiat de la répression violente, rappelant son plein soutien au plan de six points établi par l’émissaire conjoint de la Ligue arabe et des Nations unies, Kofi Annan. Les ministres ont souligné que le futur de la Syrie devra être conçu sans Bashar al-Assad. En ce qui concerne la mission d’observation des Nations unies, le Conseil a regretté que celle-ci a dû suspendre son travail, constatant que seul les autorités syriennes sont responsables pour garantir la sécurité des observateurs et a appelé à la mise en œuvre d’une reprise de la mission. Le Conseil a également décidé cinq nouvelles désignations dans le cadre des sanctions de l’Union européenne. Lors d’une intervention devant la presse, le ministre Asselborn a rappelé son opposition à une intervention militaire de la communauté internationale en Syrie. En ce qui concerne l’avion de chasse turc abattu le 24 juin par la Syrie, le ministre a condamné cet acte, le qualifiant de "contraire au respect des droits de l’Homme, contraire au respect de la vie humaine et contraire aux règles de droit international".

Le Conseil a consacré ensuite ses discussions aux développements récents en Egypte dans le contexte, notamment, de l’annonce de la victoire de Mohammed Mursi aux élections présidentielles, de la dissolution du Parlement, ainsi que de la déclaration constitutionnelle du Conseil suprême des forces armées. Le Conseil a salué le bon déroulement des élections présidentielles et a félicité Mohammed Mursi pour sa victoire, constatant que cette élection marque une étape importante dans le développement de la démocratie en Egypte. Les ministres ont exprimé leur satisfaction concernant l’intention du président Mursi d’établir un gouvernement inclusif représentant l’ensemble du peuple égyptien, sans exclure aucune minorité politique ou sociale. Le Conseil, rappelant son plein soutien au processus de transition démocratique en Egypte, a souligné le besoin d’un transfert complet du pouvoir aux autorités civiles afin de garantir le respect de l’état de droit ainsi que la protection des droits et libertés fondamentaux de la personne. En ce qui concerne l’établissement de la nouvelle constitution, le Conseil a insisté sur la nécessité que le processus d’élaboration se déroule de manière transparente et inclusive, reflétant ainsi les aspirations du peuple égyptien à la dignité, à la justice ainsi qu’à la démocratie.

Le Conseil a adopté également le "paquet droits de l'Homme", destiné à orienter l'action de l'UE au cours des années à venir. Le Conseil adopte dans le même temps un plan d'action en faveur des droits de l'Homme et de la démocratie afin de mettre en œuvre le cadre stratégique. En adoptant ce paquet, le Conseil a apporté sa touche finale à un long processus de définition d’une stratégie de l'UE dans le domaine des droits de l'Homme lancé en juin 2010. Le cadre permet à l'UE d'évoquer avec d'autres pays la question des droits de l'Homme et de la situation de personnes menacées sous forme de dialogues, consultations ou démarches diplomatiques. Les questions du mandat du futur représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’Homme ainsi que la désignation d’un titulaire pour ce poste ont également été évoquées par les ministres, espérant que cette nomination interviendra rapidement. Les ministres ont également fait part de leur détermination à collaborer avec ses partenaires, les instances multilatérales et les organisations internationales dans le domaine des droits de l'Homme et de la démocratie.

La Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune, Catherine Ashton, a ensuite présenté un bref rapport sur son déplacement récent au Pakistan. Les discussions ont porté sur la situation dans le pays et sur les relations entre l’Union européenne et le Pakistan, notamment sur le lancement du dialogue stratégique UE-Pakistan ainsi que sur l’adoption du plan d’engagement quinquennal, destiné à renforcer les relations afin d'établir une relation stratégique en constituant un partenariat pour la paix et le développement fondé sur des valeurs, des principes et des engagements communs.

Le Conseil a également abordé les relations UE – Bosnie-Herzégovine, la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'est de la République démocratique du Congo, ainsi que les relations UE – Biélorussie dans le cadre de la facilitation des visas tout comme la situation au Nigéria dans le contexte des violences religieuses qui se sont intensifiées ces derniers mois.

Le déjeuner de travail a été consacré au dossier nucléaire iranien. La Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune, Catherine Ashton, a fait le point sur l’état du dialogue mené au niveau des "E3+3" qui a eu lieu depuis le dernier Conseil des Affaires étrangères du 14 mai, en l’occurrence à Bagdad et à Moscou. Les ministres se sont entretenus sur les prochaines étapes dans le dialogue avec l’Iran à l’instar des prochaines réunions prévues aussi bien au niveau politique qu’au niveau des experts.

Membre du gouvernement

ASSELBORN Jean

Date de l'événement

25.06.2012

Type(s)

Réunion UE