Jean Asselborn à la Conférence sur l'Afghanistan à Tokyo

À l’invitation des deux États organisateurs, le Japon et l’Afghanistan, le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a participé à la Conférence de Tokyo sur l’Afghanistan qui s’est tenue le 8 juillet 2012 à Tokyo.

La conférence s’est déroulée sous une triple présidence, assurée par le ministre des Affaires étrangères du Japon, Koichiro Gemba, le ministre des Affaires étrangères de l’Afghanistan, Dr Zalmai Rassoul, ainsi que le ministre des Finances de l’Afghanistan, Dr Omar Zakhilwal. Près de 70 États ou organisations internationales ont été représentés.

La conférence a été ouverte par le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, en présence du président de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, ainsi que du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki moon. À côté du président afghan, la secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, ainsi que la ministre fédérale des Affaires étrangères du Pakistan, Hina Rabbani Khar, ont été parmi les participants à la conférence.

La conférence a assuré le soutien de la communauté internationale à l’Afghanistan pour la prochaine décennie, désignée comme la "décennie de transformation 2015-2024", le transfert de la compétence pour la sécurité devant démarrer fin 2014 avec le retrait de toutes les forces de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) pour se renforcer durant la décennie suivante.

La conférence de Tokyo succède à celle de Bonn de novembre 2011, lors de laquelle la communauté internationale s’était engagée à soutenir les besoins afghans dans les domaines du développement et de la sécurité. Suite au récent sommet de l’OTAN à Chicago, lors duquel la communauté internationale avait réitéré son soutien au pays en ce qui concerne le domaine de la sécurité, la Conférence de Tokyo s’est concentré sur le volet du développement. En concrétisant les initiatives décidées à Bonn en novembre 2011, la conférence de Tokyo a réaffirmé le partenariat entre l’Afghanistan et la communauté internationale, basé sur des engagements réciproques.

Les participants à la conférence ont assuré le suivi de la Conférence de Bonn de décembre 2011 où la communauté internationale s’était engagée à soutenir l’Afghanistan au-delà de 2014, date prévue pour le retrait de la grande majorité des troupes internationales. Le gouvernement afghan, pour sa part, a renouvelé son engagement à mettre en œuvre les réformes promises en ce qui concerne la gouvernance, la transparence ainsi que le renforcement des capacités administratives.

L’accent a été placé sur le développement économique durable de l’Afghanistan, les participants reconfirmant et concrétisant leur soutien à l’Afghanistan. Ils ont assuré que la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement afghan et la communauté internationale sera géré de façon durable et que la coordination de l’aide internationale, la gouvernance ainsi que la coopération économique régionale seront améliorées.

Afin de faciliter la réussite des nombreux projets, un mécanisme de suivi a été créé. Ce mécanisme est destiné à faire un état des lieux régulier et à long-terme des engagements pris par le gouvernement afghan ainsi que par la communauté internationale, en application du principe de réciprocité.

Un autre sujet à l’ordre du jour étaient les questions liées à la coopération régionale, l’Afghanistan étant dépourvu de débouchés maritimes. Le rôle des pays voisins dans l’amélioration des moyens logistiques ainsi que des voies de transport ont été discutés à Tokyo.

Le président Karzaï a présenté son programme de développement qui couvrira les années jusqu’à 2024, se concentrant, entre autres, sur les investissements nécessaires dans différents secteur de l’économie afghane, ainsi qu’aux questions liées à la gouvernance dans son pays.

Lors de son intervention, le ministre Asselborn a rappelé l’engagement luxembourgeois en Afghanistan depuis l’an 2000, réaffirmant une nouvelle fois le soutien à l’engagement de la communauté international pour assurer un futur prospère à l’Afghanistan.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a souligné que le Luxembourg va continuer à investir dans le futur de l’Afghanistan, par le biais de la formation des forces de sécurité et par le financement de projets d’aide au développement afin d’améliorer la vie quotidienne de bon nombre d’Afghans. Il a par ailleurs exprimé son plein soutien à la stratégie économique et de développement à long-terme présentée par le président de Karzaï, le mécanisme de suivi adopté représentant un instrument utile afin d’assurer la mise en œuvre des engagements et permettant également à tous les acteurs d’ajuster les stratégies respectives. En ce qui concerne les aspects régionaux des efforts de développement, le ministre Asselborn a remarqué avec satisfaction que des avancées ont pu être réalisés dans ce domaine et a indiqué que, pour cette raison, le Luxembourg soutient activement certains projets pour améliorer les liens transfrontaliers.

En conclusion, le ministre des Affaires étrangères afghan, Zalmai Rassoul, a pu se féliciter que les sommes annoncées par les participants ont dépassé ses attentes, son homologue japonais faisant état du chiffre de 16 milliards de dollars pour les trois à quatre années. La conférence de Tokyo sera retenue comme une date fondamentale dans le développement ultérieur de l’Afghanistan. Le ministre afghan a remercié la communauté internationale et a souligné qu’il revient désormais à l’Afghanistan de tenir ses engagements. Dans le cadre du mécanisme de suivi, la première réunion ministérielle se tiendra à Londres en 2014.

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