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Jean-Claude Juncker: "Plus personne ne doute de la capacité de l'euro de survivre aux défis qui sont actuellement les nôtres"
En date du 13 mai 2013, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a participé à la conférence de haut niveau sur le thème "Inverstir dans les villes et les régions d’Europe: maximiser l’impact des dépenses publiques locales et régionales et du budget 2014-2020 de l’UE", au Comité des régions à Bruxelles.
L’objectif de la conférence organisée par le Comité des régions (CdR) et la Banque européenne d’investissements (BEI) était de mener une discussion sur la situation financière actuelle et les perspectives d’investissement à long terme dans les villes et les régions d’Europe. Le Premier ministre Juncker est intervenu aux côtés du président du Comité des régions Valcárel Siso, du président de la Banque européenne d’investissement Werner Hoyer et du commissaire européen pour le marché intérieur et les services Michel Barnier.
Lors de son intervention, le Premier ministre Jean-Claude Juncker est parti du constat que toutes nos actions, qu’elles soient européennes, nationales, régionales ou urbaines, sont placées dans le contexte du cadre global de l’Union économique et monétaire. Dans ce contexte, le Premier ministre luxembourgeois a rappelé que s’il n’y avait pas eu l’euro, les situations économiques européenne, nationales et locales se seraient largement empirées par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui. "S’il n’y avait pas eu l’euro, nous nous trouverions en Europe dans une guerre fratricide entre les différentes monnaies nationales. S’il n’y avait pas eu la discipline budgétaire qu’impose la monnaire unique, les banques centrales nationales, avec 17 monnaies nationales, n'auraient pas pu formuler une réponse cohérente et conséquente, et donc, il y aurait eu une guerre d’appréciation et de dévaluation, le chômage serait plus élevé, les taux de croissances déjà faibles seraient encore plus faibles", a souligné le Premier ministre. "L’euro a donc protégé les différentes économies européennes et l’Europe dans son ensemble."
Jean-Claude Juncker a ensuite fait remarquer qu’au cours des années écoulées, il y avait eu des débats superficiels, superflus et souvent nocifs, en rappelant entre autre l’interrogation sur la survie ou la mort de la zone euro, la discussion sur la place publique sur des hypothèses malsaines qui voulaient qu’un ou plusieurs pays pouvaient être invités à quitter la zone euro, ou encore le débat féroce entre ceux qui voulaient établir une ligne de démarcation entre les pays du Nord soi-disant vertueux et les pays du Sud soi-disant insuffisamment sérieux. "Tous ces débats sont heureusement aujourd’hui derrière nous, puisque plus personne ne doute de la capacité de l’euro de survivre aux défis qui sont actuellement les nôtres", s’est félicité le Premier ministre luxembourgeois. "Au contraire, nous sommes en train de réfléchir s’il ne conviendrait pas d’élargir le nombre d’États membres de la zone euro."
Par ailleurs, le Premier ministre Juncker a noté que le fait régional est en train de gagner en importance:" Il faut avoir à l’esprit que 65% des investissements en capital sont générées par les régions et par les villes. Nous constatons déjà aujourd’hui que le fait régional est en termes économiques et sociaux d’une importance primordiale". Et d’enchaîner: "Vu l’importance économique, budgétaire et sociale des régions et des villes, vu l’importances des investissements, vu l’importance des banques régionales, il est évident à mes yeux que les régions et les villes doivent trouver une meilleure place dans ce qu’il est convenu d’appeler le semestre européen." Jean-Claude Juncker a donc appelé la Commission européenne, dans son examen annuel de croissance, d’accorder l’importance qui lui revient à l’examen des effets que produisent les politiques de consolidation sur les politiques régionales et les politiques locales. "De même, lorsqu’il s’agit de préparer les programmes de stabilité et de croissance, lorsqu’il s’agit de préparer les programmes de convergence, lorsqu’il s’agit de préparer les programmes nationaux de réforme, de formuler les lignes directrices en matière d’emploi, il serait sage et recommandable que l’on prenne davantage en compte le fait régional, puisque les régions et les villes sont devenues des acteurs économiques et sociaux de première importance." Et de conclure: "Le constat pour alimenter le débat sur le Semestre européen doit être localisé au niveau national, mais les régions nationales et les centres urbains nationaux doivent participer au débat."