Première estimation de l'évolution du revenu agricole en 2007 dans les comptes économiques de l'agriculture (CEA): le revenu des facteurs rapporté à la main d'œuvre agricole augmente en 2007 de 16,2% en termes réels par rapport à 2006

La Commission européenne publie le 20 décembre 2007 les premières estimations de l’évolution du revenu agricole de l’année en cours par rapport à l’année précédente dans l’Union européenne. Ces estimations sont basées sur les données transmises par les autorités nationales des États membres à EUROSTAT, l’Office statistique des Communautés européennes. Au Luxembourg, les données élaborées par le Service d’économie rurale montrent une augmentation de l’indicateur de revenu agricole A de 16,2% en 2007 par rapport à 2006.

La situation au Luxembourg en matière de revenu agricole en 2007 est analysée ci-après sur base des comptes économiques de l’agriculture (CEA). Les CEA visent à fournir une description de la situation économique du secteur agricole au sens large (agriculture, viticulture, horticulture) sur base des informations disponibles au niveau de la statistique agricole. Les CEA représentent une analyse de la formation du revenu de l’activité agricole, les principales étapes étant le compte de production, le compte d’exploitation et le compte de revenu d’entreprise. Le secteur agricole est abordé de façon macro-économique, c’est-à-dire qu’il est décrit et analysé globalement et non au niveau des exploitations agricoles individuelles. Les CEA sont pris en compte dans la comptabilité nationale en tant que comptes sectoriels se rapportant au secteur agricole.

Les CEA ne reflètent pas non plus la situation de revenu des ménages agricoles. En effet, ne sont pris en compte au niveau des CEA que les activités agricoles proprement dites (production de végétaux, production d’animaux et de produits animaux) et les activités non agricoles qui y sont intimement liées, comme par exemple les chevaux en pension, le tourisme à la ferme, la production de biogaz. Ne sont pas prises en compte les plus-values ou moins-values réalisées au moment de la vente de biens meubles ou immeubles agricoles (machines, terrains,…) ni les revenus extra-agricoles des ménages agricoles.

Les comptes de l’année 2006 et des années précédentes sont définitifs alors que pour 2007, il ne s’agit que d’une première estimation. Les principaux postes des CEA pour 2006 et 2007 ainsi que l’évolution de ces postes sont représentés dans le tableau annexé.

L’année 2007 marque un tournant sur le plan des prix au producteur: les prix des céréales, des cultures arables en général et du lait connaissent une hausse marquée au cours du 2e semestre de l’année 2007.

La production végétale se caractérise globalement en 2007 par une augmentation des prix (+7,3%) et de la production (+10,9%) par rapport à 2006.

La récolte de céréales de 2007 est moins élevée que celle de 2006 et inférieure à la moyenne pluriannuelle. La hausse très prononcée des prix engendre néanmoins une augmentation très nette de la récolte en valeur. Pour les oléagineux, essentiellement le colza, une augmentation de la récolte, suite à un élargissement des surfaces cultivées, et des prix se conjuguent pour donner une augmentation de la récolte en valeur. La production de pommes de terre atteint en 2007, après une faible année 2006, un niveau se situant autour de la moyenne pluriannuelle. Les prix ont cédé légèrement par rapport au niveau élevé atteint en 2006. Il y a donc globalement une augmentation de la valeur de la production en 2007 par rapport à 2006. En viticulture, la récolte se situe légèrement au dessus de la moyenne pluriannuelle. Les prix au producteur variant très peu, la valeur de la récolte augmente par rapport à l’année 2006 où la récolte avait été moins élevée.

La production animale augmente globalement en valeur de 10% par rapport à 2006 suite à une augmentation très nette au niveau du lait et un recul léger au niveau des animaux.

La production de bovins connaît très peu de changements par rapport à 2006. La production porcine subit en 2007 une baisse des prix. Celle-ci est compensée partiellement par une augmentation de la production.

Une augmentation importante des prix du lait au cours du 2e semestre 2007 faisant suite à plusieurs années de diminution du prix et une légère augmentation de la quantité produite suite à un relèvement marginal des quotas laitiers donnent pour 2007 une augmentation de la valeur de la production laitière de 19% par rapport à 2006. La contribution de cette augmentation à l’augmentation de la valeur de la production agricole est substantielle (plus de 50%).

Au niveau des consommations intermédiaires, des indications sur l’évolution des prix sont disponibles à ce stade mais non sur l’évolution des quantités utilisées des différents moyens de production. On peut s’attendre à une augmentation de prix de 8,5% due en très grande partie à l’augmentation des prix des aliments pour animaux (+20,9%). Le prix de l’énergie reste stable par rapport à 2006. En effet, les augmentations de prix importantes au cours du 2e semestre 2007 ont été précédées par des diminutions de prix par rapport au niveau élevé de la fin de 2006.

La valeur ajoutée brute du secteur agricole aux prix de base s’élève à 114,3 millions euro en 2007, soit un net redressement par rapport aux années précédentes.

Le poste "autres subventions sur la production" reste stable et s’élève en 2007 à 64,5 millions euro. Ce montant couvre la prime unique (34,6 millions euro) et les primes à la production allouées dans le cadre de l’axe 2 du plan de développement rural 2007-2013. Il s’agit des primes agri-environnementales, des primes "biodiversité", de la prime à l’entretien de l’espace naturel et du paysage et de l’indemnité compensatoire. Celles-ci s’élèvent au total à 29,9 millions euro pour 2007.

Le revenu des facteurs mesure la rémunération des facteurs de production terre, capital et main-d’œuvre. Il est calculé à partir de la valeur de la production de la branche agricole aux prix de base en déduisant les consommations intermédiaires (-> valeur ajoutée brute aux prix de base), la consommation de capital fixe (-> valeur ajoutée nette aux prix de base), et en ajoutant les autres subventions sur la production moins les autres impôts sur la production. Il s’élève en 2007 à 106,7 millions euro, soit une augmentation de 21,9% par rapport à 2006.

L’évolution de l’indicateur A de revenu agricole mesure l’évolution en termes réels, c.-à-d. déflatés par l’indice implicite des prix du produit intérieur brut (PIB) aux prix du marché, du revenu des facteurs rapporté à la main-d’œuvre agricole totale. Il augmente en 2007 de 16,2% par rapport à 2006. Ceci représente un net redressement de la situation par rapport aux années précédentes.

La main-d’œuvre agricole totale exprimée en unités de travail annuel (UTA) augmente légèrement en 2007 par rapport à 2006 suite à une diminution de la main-d’œuvre non salariée (=familiale) et à une augmentation de la main-d’œuvre salariée.

Le revenu net d’entreprise est obtenu à partir du revenu des facteurs en déduisant la rémunération des salariés, les fermages et les intérêts à payer. Il mesure la rémunération de la main-d’œuvre non salariée, des terres en propriété et du capital propre. Il est proche du concept de revenu de la comptabilité des exploitations agricoles à des fins de gestion.

L’évolution de l’indicateur B de revenu agricole montre l’évolution en termes réels du revenu net d’entreprise rapporté à la main-d’œuvre agricole non salariée (=familiale). Il augmente en 2007, selon les premières estimations, de 30,6% par rapport à 2006.

Les informations statistiques relatives à la production agricole sont publiées sur le site internet du Service d’économie rurale www.ser.public.lu sous la rubrique "Statistiques agricoles".

Pour toutes informations complémentaires: Service d’économie rurale (tel 247-82551 ou 247-82553).

(communiqué par le ministère de l'Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural)

Organisation

Ministère de l'Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural

Date de l'événement

19.12.2007