Vu l’importance historique du site, une fouille d’urgence a été planifiée par le service archéologique du MNHA. La collaboration étroite avec les responsables de la Ville de Luxembourg a permis d’éviter tout impact négatif sur le calendrier des travaux d’infrastructure. Alors qu’une période de fouilles de 3 mois avait initialement été prévue, les travaux n’ont en réalité duré que 9 semaines, entre le 30 juin et le 22 septembre 2008 avec l’interruption due aux congés collectifs.
Les fouilles ont livré des résultats importants et ceci malgré l’état fragmentaire des structures archéologiques dû à la mise en place de multiples infrastructures techniques par le passé.
En effet, au milieu de la rue actuelle (voir plan en annexe), les vestiges de plusieurs bâtiments de l’ancien parcellaire ont pu être mis en évidence (A et B) ainsi que des structures faisant partie du fossé (E) et de l’enceinte de la ville médiévale (C, D et F). Une couche de déchets fortement brûlée et accolée à la structure D contenait de la céramique du 13e/14e siècle. Une monnaie de la première moitié du 13e siècle soutient cette datation, qui correspond bien à celle proposée pour le tronçon du mur d’enceinte déjà fouillé dans la rue de la Reine.
Les autres vestiges appartiennent à deux bâtiments. Celui indiqué sous A peut être daté de la première moitié du 13e siècle. Il disposait de deux niveaux de caves taillées dans le rocher. Le deuxième bâtiment (B) était situé dans l’alignement du bâtiment A et disposait également d’une cave éclairée par des fenêtres. Etant donné que ce bâtiment fut construit sur les structures appartenant au système défensif de la ville médiévale, sa datation doit être plus tardive.
L’emplacement du mur d’enceinte ainsi que l’alignement des bâtiments en plein milieu de la rue actuelle mettent en évidence un déplacement important de l’ancienne rue. La connaissance de l’emplacement exact de la rue médiévale et du mur d’enceinte permet de mieux situer et de reconstituer l’ancienne porte d’entrée de la ville médiévale, dont une partie avait été documentée - sans pouvoir être fouillée en détail - lors de la construction de l’Ilot Clairefontaine en 1986.
Si les fouilles archéologiques proprement dites ont été interrompues le 22 septembre, le chantier est resté sous surveillance. Quelques murs de l’ancien parcellaire ont ainsi pu être documentés sans répercussions négatives sur l’avancement des travaux.
Les travaux projetés se poursuivront encore jusqu’au Marché-aux-Herbes avant de continuer l’année prochaine vers les rues du Fossé et de la Boucherie.
(communiqué par le ministère de la Culture, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche)