Journée mondiale contre le sida

Le 1er décembre 2008 marque le 20e anniversaire de la Journée mondiale contre le sida, célébrée chaque année le 1er décembre, ainsi que le 20e anniversaire du Service Aidsberodung de la Croix-Rouge luxembourgeoise.

L’idée de cette journée mondiale du sida est née en 1988, lors de la Conférence internationale sur le sida tenue à Stockholm, en présence de 100 ministres de la Santé. Ils ont voulu stimuler ainsi la création d’une "plate-forme", où toutes les personnes travaillant sur le sujet ou concernées, pourraient participer à des efforts conjoints de lutte contre le sida et de sa prévention.

En 1996 le programme conjoint sur le HIV/sida des Nations unies" (UNAIDS) est devenu opérationnel, et a dès lors, pris-en-charge la planification et la promotion de la Journée mondiale de lutte contre le sida.

En 1997, la campagne mondiale de lutte contre le sida a été lancée, ayant pour objectif de développer une stratégie à long terme et de diffuser des messages de prévention en continu.

Les thèmes choisis pour les deux premières années de cette campagne mondiale ciblaient les "enfants et adolescents", car il était important de faire comprendre au public que le sida était devenu une "maladie familiale" touchant également, et de manière dramatique, les enfants et les adolescents.

En 2004, la campagne mondiale a commencé à impliquer de plus en plus la société civile. Basée en Afrique du Sud et aux Pays-Bas, le thème de la journée mondiale est dorénavant défini par un large comité consultatif rassemblant des représentants des personnes ou groupes impliqués dans le sujet du monde entier.

Les thèmes sont souvent répétés sur une base pluri-annuelle, et ceux choisis pour la période 2005-2010 obéissent tous au slogan fédérateur "Stoppez le sida: Tenez vos promesses!".

Par ce thème, le leadership, politique et communautaire, est sollicité, afin de permettre, d’ici l’an 2010, un accès universel à la prévention, au traitement, et aux soins.

Aujourd’hui, à l’occasion de ce vingtième anniversaire de la Journée mondiale du sida et de la naissance de l’Aidsberodung de la Croix-Rouge, nous devons mettre l’accent sur la nécessité d’un effort conjoint de solidarité et d’action pour continuer à lutter contre une pandémie qui a causé plus de 25 millions de morts et qui est responsable d’une prévalence estimée de 33 millions de personnes séropositives au HIV dans le monde.

Aujourd’hui, nous comptons toujours 8.000 morts par jour, 2-3 millions de morts par an, et des millions de nouvelles infections chaque année.

L’année passée, trois millions de personnes ont reçu un traitement contre le sida; ceci est un progrès remarquable par rapport à la situation antérieure; mais ceci ne représente toujours qu’un tiers des personnes nécessitant un traitement urgent.

Et ne croyons pas que le sida s’est arrêté à nos frontières:

Au Luxembourg, nous avons enregistré cette année-ci, plus de 61 nouvelles infections, ce qui représente 10% de plus qu’en 2006 et 30% de plus qu’en 2007!

32 personnes se sont infectées par des rapports hétérosexuels non protégés, 22 personnes par des rapports homosexuels.

Deux tiers des nouveaux infectés sont originaires de l’Europe de l’Ouest, dont 18 Luxembourgeois.

Il est donc évident que nous nous trouvons en face d’un relâchement de l’attention et d’un mépris conscient ou inconscient des recommandations de Safer Sex émises et diffusées depuis des années.

Ce phénomène de "fatigue" ou de "désintéressement" a été constaté d’ailleurs dans les sociétés et médias de tous les pays de l’Ouest industrialisés et nantis.

La passion mise initialement dans la lutte contre le sida s’est émoussée, et les nouvelles générations n’ont pas repris le flambeau des anciens acteurs de la prévention, ni des premiers lobbyistes ayant représenté la communauté des personnes atteintes du HIV/sida. Une grande partie de ces derniers sont décédés, une autre partie, impliquée massivement dans la prise-en-charge et les soins aux personnes atteintes, ne sont plus disponibles pour le lobbying, les autres enfin, ayant bénéficié d’un traitement antirétroviral, sont retournés à leurs occupations professionnelles antérieures.

Nous devons donc remobiliser une nouvelle énergie, transférer aux nouvelles générations le savoir acquis, chercher de nouveaux leaderships jeunes, créatifs et vibrants d’idéalisme, insuffler de nouvelles idées, et impliquer d’avantage les personnes atteintes ou concernées par le HIV/sida. Car le sida, s’il bénéficie actuellement de possibilités thérapeutiques que sont les médicaments antirétroviraux, n’est pas devenu une maladie anodine pour autant. Cette maladie, devenue chronique en cas de traitement, reste mortelle et non guérissable. Les effets secondaires des traitements sont nombreux, et la vie des personnes séropositives n’est certes pas facile.

Le thème de cette année: "L’Action des Dirigeants", est un thème fédérateur, proposée par la société civile.

Il comporte trois mots-clefs qui seront les clefs de notre succès dans la lutte contre le sida:

1) Responsabiliser

La riposte au sida dépend de la force des individus et des communautés. Pour arrêter la pandémie, il est essentiel d’éliminer les inégalités et les injustices sociales et économiques qui nourrissent sa progression. Responsabiliser les individus et les communautés pour faire face au sida est un élément critique et fondamental du respect, de la promotion et de la valorisation des droits humains.

2) S’activer

En 2008, seulement un tiers des personnes nécessitant un traitement antirétroviral dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et seulement un tiers des femmes nécessitant un traitement pour empêcher la transmission du virus à leurs futurs enfants, en bénéficient. Pour atteindre l’objectif d’accès universel à la prévention, au traitement et aux soins, les dirigeants doivent s’activer maintenant.

3) Mener

À l’occasion de la Journée mondiale du sida, les personnes du monde entier doivent se rassembler pour organiser la riposte contre le sida. Nous avons tous quelque chose à apporter: s’opposer à la stigmatisation et à la discrimination, éduquer et informer sur les moyens de prévention du sida et des maladies sexuellement transmissibles, tenir nos engagements pris.

C’est donc seulement dans un effort collectif de prise de conscience, de responsabilisation et d’actions conjointes, que nous réussirons à tenir notre promesse: Stopper le sida!

(communiqué par le ministère de la Santé / Division de la médecine préventive et sociale)

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