Jeannot Krecké au sujet des discussions actuelles sur la politique énergétique et l'énergie nucléaire

Dans le contexte des discussions actuelles concernant la politique énergétique en général et l’énergie nucléaire en particulier, le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, rappelle l’attitude défavorable du gouvernement sur l’énergie nucléaire et qu’il n’a jamais été en faveur du développement du nucléaire sur le territoire luxembourgeois.

La catastrophe de Fukushima démontre que la technologie nucléaire n’est pas entièrement maîtrisable et qu’elle devra être abandonnée. C’est dans ce contexte que le gouvernement considère l’énergie nucléaire comme une technologie de transition et plaide pour un abandon à échéance réaliste. Entretemps, il s’agira de garantir que les installations nucléaires soient équipées de dispositifs de sécurité capables de ramener le risque final à près de zéro. Le gouvernement soutient la réalisation des "stress-test" pour les centrales nucléaires européennes et demande que ces tests incluent des scénarios réalistes d’accident et de terrorisme.

En ce qui concerne la centrale nucléaire de Cattenom, le gouvernement a soumis le 21 mars 2011, par l’intermédiaire du Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, un courrier au gouvernement français. Le gouvernement luxembourgeois demande à la France de procéder à une analyse critique de la sécurité de la sûreté de la centrale, y inclus l’hypothèse du crash d’un avion gros porteur. Ces analyses devront être menées en étroite coopération avec les autorités luxembourgeoises et allemandes. Finalement, il y a lieu d’aborder dans ce contexte la question de la durée de vie de la centrale de Cattenom. Une prolongation telle que demandée par les exploitants de la centrale est inacceptable.

Le gouvernement luxembourgeois a mené au cours des dernières années une politique active en matière du développement des énergies renouvelables et de la promotion de l’efficacité énergétique dans tous les secteurs. Les objectifs ont été formulés dans le plan d’action national en matière d’efficacité énergétique (augmentation de l’efficacité énergétique de 9% jusqu’en 2016) et le plan d’action national en matière d‘énergie renouvelables (quote-part de 11% d’énergies renouvelables jusqu’en 2020).

Dans le domaine des énergies renouvelables, le gouvernement a pris ses responsabilités en

  • réformant constamment les programmes d’aides pour le développement des énergies renouvelables pour les particuliers, les entreprises et les communes;
  • recourant déjà aujourd’hui à l’électricité exclusivement verte dans les bâtiments publics et les infrastructures de transport;
  • adressant les problèmes qui subsistent au niveau des procédures d’autorisation.

Néanmoins, il faut rappeler dans ce contexte que l’acceptation de la population pour le développement des énergies renouvelables sur territoire national doit également être donnée.

Le gouvernement va intensifier ses politiques de promotion des énergies renouvelables et revoir, à brève échéance, les incitatifs financiers pour le développement des énergies renouvelables.

Pour ce qui est de l’efficacité énergétique, le gouvernement a poursuivi une politique offensive au cours des dernières années en:

  • mettant en vigueur de nouvelles exigences ambitieuses en matière de performance énergétique des bâtiments d’habitation et fonctionnels;
  • introduisant le certificat de performance énergétique pour les bâtiments d’habitation et fonctionnels afin d’augmenter la transparence dans le secteur immobilier;
  • appliquant de strictes critères énergétiques lors de la construction de nouveaux bâtiments réalisés pour le compte de l’État;
  • investissant des moyens financiers importants dans la rénovation des bâtiments existants de l’État;
  • poursuivant son programme ambitieux pour soutenir financièrement les citoyens qui optent pour des constructions énergétiquement efficaces, tels que les maisons à basse consommation d’énergie et les maisons passives;
  • intensifiant ses initiatives en matière de sensibilisation, d’information et de conseil de base, ce qui se traduit par une coopération accrue avec les communes et l’organisation fin avril des "myenergy days", le premier salon dédié à l’assainissement énergétique.

Au niveau du logement, le gouvernement est en voie de développer des nouvelles mesures tels que

  • la certification verte pour le logement;
  • le renforcement des exigences en matière de performance énergétique avec un standard de bâtiments à consommation d’énergie quasi nulle en 2018;
  • la mise en place d’un éco-prêt à taux zéro pour l’assainissement énergétique;
  • l’introduction d’un crédit d’impôt sur les actes notariaux favorable aux constructions énergétiquement efficaces;
  • l’amortissement fiscal accéléré en cas de rénovation énergétique et
  • l’application du taux super-réduit de 3% pour la rénovation énergétique.

Considérant que notre pays ne dispose pas de ressources énergétiques suffisantes propres, le gouvernement voit dans les économies d’énergies et l’efficacité énergétique un moyen efficace pour réduire notre dépendance énergétique ainsi que les émissions de CO2.

Communiqué par le ministère de l’Économie et du Commerce extérieur

Membre du gouvernement

KRECKÉ Jeannot

Date de l'événement

25.04.2011