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L'Observatoire national de la santé présente son rapport thématique 2026
"Gesond Gesellschaft duerch Präventioun - Alléger le fardeau des maladies chroniques au Luxembourg: Évaluation des principaux déterminants de la santé pour guider les interventions de prévention primaire"
En date du 28 janvier 2026, l'Observatoire national de la santé (ObSanté) a présenté son dernier rapport consacré aux politiques de prévention primaire et à leur rôle central dans la lutte contre les maladies chroniques.
Ce rapport vise à éclairer les décideurs politiques et les acteurs de la société civile sur les actions publiques ayant démontré leur efficacité dans la réduction des facteurs de risque associés à ces maladies.
Ces facteurs de risque sont fortement influencés par l'environnement social, économique et commercial et présentent d'importantes disparités sociales. La prévention populationnelle va au-delà de la responsabilisation individuelle et s'intègre dans toutes les politiques publiques (Health in all Policies), afin de rendre les choix favorables à la santé plus accessibles et attractifs.
Alors que l'accord de coalition gouvernemental vise à placer la prévention au même niveau que la médecine curative, le rapport de l'ObSanté constitue un appel à renforcer l'adoption des interventions populationnelles identifiées par l'OMS comme les plus efficaces (NCD Best Buys).
Si le Luxembourg a déjà mis en oeuvre plusieurs interventions à fort impact alignées sur les recommandations de l'OMS, telles que les avertissements sanitaires sur les emballages et l'interdiction de la publicité pour le tabac, l'étiquetage nutritionnel NutriScore ou encore le GIMB, des marges de progression substantielles persistent. La revue de l'action nationale au regard des recommandations internationales montre que le prix du tabac est très bas au Luxembourg, l'alcool y est facilement accessible, la réglementation sur le marketing alimentaire ciblant les enfants est absente et la promotion de la mobilité active pourrait intégrer une sensibilisation aux bénéfices sur la santé qui y sont associés.
Conformément à l'Objectif 2 du Plan d'action mondial de l'OMS pour la lutte contre les maladies non transmissibles (2013-2030), l'ObSanté rappelle que la mise en oeuvre de telles interventions nécessite un renforcement des capacités réglementaires, un leadership politique accru et un engagement multisectoriel, soutenus par une participation active de la société civile.
Messages clés et implications pour les politiques publiques
(version intégrale issue du rapport)
- Les maladies chroniques, notamment le cancer, les maladies cardiovasculaires, les troubles musculo-squelettiques, la dépression, la démence, l'obésité, le diabète et les maladies respiratoires chroniques, représentent 83 % du fardeau des maladies au Luxembourg. Elles sont évitables par des interventions de prévention primaire selon l'approche populationnelle.
- Le vieillissement et la croissance de la population se traduiront par une augmentation importante des maladies chroniques.
- Le fardeau des maladies chroniques au Luxembourg est alimenté par la prévalence élevée de quatre comportements de santé – tabagisme, consommation d'alcool, mauvaise alimentation et inactivité physique.
- Les comportements de santé sont marqués par de fortes disparités sociales. Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool, une mauvaise alimentation et l'inactivité physique sont plus fréquents chez les personnes ayant un niveau d'éducation de base que chez celles ayant un niveau plus avancé.
- Les interventions visant à rendre le tabac et l'alcool moins abordables et moins accessibles, ainsi que les mesures réglementaires favorisant une alimentation saine, sont très efficaces, mais leur mise en oeuvre est incomplète au Luxembourg. Une augmentation du prix du tabac au Luxembourg réduirait le fardeau des maladies chroniques. D'autres marges d'amélioration subsistent pour adhérer aux "NCD best buys" de l'OMS.
- La plupart des interventions populationnelles fondées sur des données probantes issues des "NCD best buys" de l'OMS ont la capacité d'améliorer les comportements de santé et de réduire rapidement le fardeau des maladies chroniques. Leur impact est mesurable dans les cinq années suivant leur mise en oeuvre et leurs bénéfices pour la santé publique se prolongent à plus long terme.
- Les interventions populationnelles qui facilitent les choix favorables à la santé ont le potentiel de réduire les inégalités dans le fardeau des maladies chroniques, car elles touchent également les personnes socio-économiquement défavorisées et contribuent à un vieillissement en bonne santé plus équitable pour l'ensemble de la population.
À l'occasion de cette conférence, le Prof. Arnaud Chiolero de l'Université de Fribourg en Suisse et membre du Conseil des observateurs de l'ObSanté, a apporté un éclairage sur la perspective populationnelle en matière de prévention des maladies chroniques. Filip Meheus, expert en économie de la santé à l'Organisation mondiale de la santé à Genève, a présenté les "NCD Best Buys", un ensemble d'options politiques rentables pour lutter contre les maladies chroniques.
Communiqué par le Observatoire national de la santé