Lex Delles au Conseil "Compétitivité" à Bruxelles

 

"L'Europe doit renforcer son autonomie stratégique, tout en maintenant son ouverture et, en ce sens, promouvoir le 'Made with Europe'", a déclaré Lex Delles 

Le ministre de l'Économie, des PME, de l'Énergie et du Tourisme, Lex Delles, a participé le 25 février à la réunion du Conseil "Compétitivité" de l'Union européenne à Bruxelles, dédiée au marché intérieur et à la politique industrielle. C'était le premier Conseil "Compétitivité" sous la présidence chypriote de Michael Damianos, ministre de l'Énergie, du Commerce et de l'Industrie.

Le Conseil a débuté par un débat sur le potentiel inexploité du marché intérieur, suite à la publication du rapport annuel 2026 sur le marché unique et la compétitivité par la Commission européenne. Celui-ci met en lumière un environnement économique européen sous fortes pressions géopolitiques et commerciales (surcapacités industrielles de pays tiers, multiplication des contrôles à l'exportation, instrumentalisation des dépendances économiques). Dans ce contexte, il est urgent d'agir contre les "Terrible Ten", les dix obstacles les plus préjudiciables identifiés dans la stratégie pour le marché intérieur, parmi lesquels les exigences disproportionnées en matière de services, les procédures d'autorisation excessives et les restrictions territoriales de l'offre (RTO), un problème récurrent qui touche l'ensemble des États membres et en particulier le Luxembourg, et doit être traité en priorité.

Dans son intervention, Lex Delles a ainsi lancé un appel: "L'Union européenne reste trop souvent un ensemble de 27 mini-marchés nationaux, plutôt qu'un grand marché unique. Pourtant, son potentiel est immense: lever les barrières aux échanges de biens et mieux intégrer les services pourrait générer plusieurs points de croissance supplémentaires. Nous devons achever la construction d'un véritable marché domestique unique pour toutes nos entreprises. Cela suppose des objectifs mesurables, une feuille de route claire, des règles communes simples fondées sur l'harmonisation et la reconnaissance mutuelle – one in, 27 out – et une application rigoureuse du droit existant. Le Luxembourg est prêt à s'engager pleinement, y compris au niveau national, pour lever ces obstacles de manière constructive." Le deuxième débat de la session matinale a porté sur le suivi des plans d'action industriels dans le cadre du Clean Industrial Deal pour les secteurs européens de l'acier, de l'automobile et de la chimie. Lex Delles a salué ces plans d'action, qui vont, d'après lui, dans la bonne direction face à l'érosion préoccupante de notre base industrielle stratégique, mais il a rappelé l'urgence d'agir rapidement pour éviter de créer une complexité excessive pour les entreprises au niveau des procédures, des coûts et des exigences légales.

Pour éviter les fuites de carbone dans le secteur de l'acier, le ministre a souligné la nécessité d'élargir le champ d'application du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières en incluant davantage de produits en aval des chaînes de valeur essentielles à la production de technologies propres, à la mobilité et à la défense. S'agissant de l'Industrial Accelerator Act, il a déclaré: "L'Europe doit renforcer son autonomie stratégique, tout en maintenant l'ouverture de ses marchés. La 'préférence européenne' doit signifier que l'Europe soutient ses champions industriels dans des secteurs clés, tout en restant connectée au commerce mondial. Plutôt que de promouvoir le 'Made in Europe', nous avons tout intérêt à promouvoir le 'Made with Europe' afin de préserver notre rôle dans les chaînes de valeur internationales et développer une industrie forte, durable et innovante."

Lors du déjeuner, les ministres en ont profité pour échanger plus longuement sur la future feuille de route "one Europe, one Market" annoncée par la présidente Ursula Von der Leyen à l'issue de la retraite des dirigeants des États membres début février.

Dans l'après-midi, le Conseil a approuvé les conclusions de l'Agenda consommateur 2030 et a discuté de la place des PME dans le futur Fonds européen pour la compétitivité (ECF), appelé à remplacer quatorze programmes existants afin de constituer une capacité d'investissement unifiée et faire émerger un véritable marché de capitaux européen. L'ECF a ainsi pour ambition de renforcer la compétitivité de l'Union dans les technologies et secteurs stratégiques et de réduire les dépendances stratégiques, tout en stimulant les investissements privés. Ce futur fonds sera doté d'un budget de 234,3 milliards d'euros pour la période 2028-2034.

Autre point qui figurait à l'agenda: la stratégie européenne pour la bioéconomie.

Le renforcement de l'industrie en Europe a également déjà fait l'objet de discussions hier soir, lors d'un dîner informel des "Amis de l'industrie", auquel Lex Delles a participé. Cette rencontre s'inscrivait dans la continuité des échanges lancés à Berlin le 3 novembre 2025 entre les États membres favorables à une politique industrielle européenne ambitieuse et cohérente. Lors de ce dîner qui a réuni 19 pays membres de l'UE, les ministres ont dressé un constat lucide de la désindustrialisation croissante en Europe et souligné la nécessité de trouver un équilibre juste entre exigences réglementaires et compétitivité. Ils ont conjointement insisté sur l'importance de cadres clairs, prévisibles sans obstacles bureaucratiques inutiles, et ont appelé la Commission européenne à procéder à un véritable reality check de la législation européenne afin d'analyser la cohérence des réglementations européennes et de mettre ensuite en oeuvre les simplifications nécessaires.

Communiqué par le ministère de l'Économie

Membre du gouvernement

DELLES Lex

Date de l'événement

25.02.2026