Dernière modification le
Publication des résultats de la première partie de l'étude LUXTALENT au sujet de l'attraction et de la rétention de talents au Luxembourg
Suite à la signature d'une convention intitulée "LUXTALENT", en mars 2025, le Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER) a réalisé, sur demande du ministère de l'Économie, une étude au sujet de l'attraction et de la rétention des primo-arrivants immigrés et frontaliers sur le marché de l'emploi au Luxembourg. Les résultats de la première partie de cette étude, analysant les flux d'entrée et de sortie des travailleurs primo-arrivants sur le marché de l'emploi au Luxembourg sur la période 2002-2024, sont désormais disponibles. On observe une main-d'oeuvre internationale croissante, de plus en plus diversifiée et mobile.
Méthodologie utilisée
Pour analyser les flux d'entrée et de sortie des travailleurs primo-arrivants sur le marché de l'emploi au Luxembourg sur la période 2002-2024, le LISER a adopté une méthodologie novatrice, fondée sur l'analyse des flux, plutôt que l'analyse du nombre total des travailleurs actifs sur le marché de l'emploi généralement utilisée, permettant ainsi de mieux capter les dynamiques existantes. Pour ce faire, les données administratives de l'Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS) ont été étudiées. Celles-ci couvrent l'ensemble des affiliés à la sécurité sociale luxembourgeoise, qu'ils soient résidents ou frontaliers.
Cette première partie met d'abord en évidence l'attractivité du marché de l'emploi au Luxembourg pour les primo-arrivants étrangers, âgés d'au moins 20 ans, en les distinguant notamment à travers leur origine, leur pays de résidence et leur secteur d'entrée. Ensuite, ces données sont également utilisées pour caractériser la mobilité et les départs du marché de l'emploi luxembourgeois.
Principales conclusions
1. Importance croissante de la main-d'oeuvre étrangère
L'analyse souligne l'importance croissante des travailleurs étrangers au Luxembourg. Entre 2002-2024, le nombre de primo-arrivants sur le marché de l'emploi au Luxembourg qui sont nés à l'étranger a fortement augmenté. Près de 90 % des primo-arrivants sur le marché de l'emploi pendant l'année 2024 sont nés en dehors du Luxembourg. Cette dynamique repose à la fois sur l'immigration et sur les travailleurs frontaliers. Il s'agit d'une main-d'oeuvre jeune, la grande majorité de ces primo-arrivants ayant moins de 39 ans (environ 75 % entre 2021-2024).
2. Diversification de la main-d'oeuvre en termes d'origines
Le profil des nouveaux primo-arrivants étrangers sur le marché de l'emploi luxembourgeois évolue. Les travailleurs ayant la nationalité d'un des trois pays frontaliers (Allemagne, Belgique et France) représentent désormais une part plus faible qu'auparavant parmi les nouveaux entrants. Leur proportion, qui atteignait encore 73 % en 2002, est tombée à 46 % parmi les primo-arrivants en 2024.
- Travailleurs immigrés
En 2024, environ 8.200 travailleurs étrangers se sont installés au Luxembourg pour la première fois. Parmi ces primo-arrivants immigrés, la part des ressortissants de pays non-européens continue d'augmenter depuis plusieurs années. De plus, certains groupes de nationalités traditionnellement bien représentés, comme les Portugais, sont aujourd'hui moins nombreux parmi les nouveaux immigrés, alors que leur nombre augmente parmi les travailleurs frontaliers.
- Travailleurs frontaliers
Environ 15.200 nouveaux travailleurs frontaliers ont rejoint le marché luxembourgeois en 2024 pour la première fois. La proportion de frontaliers primo-arrivants venant de France continue de croître, tandis que celles d'Allemagne et de Belgique reculent. Dans le même temps, les pays d'origine des frontaliers ont fortement changé. Une part importante des nouveaux frontaliers primo-arrivants sont nés dans un pays différent de leur pays de résidence. En 2024, 62 % des frontaliers venant de Belgique ne sont pas nés dans leur pays de résidence. Cette part est de 42 % pour ceux venant d'Allemagne et de 38 % pour ceux venant de France.
3. Concentration du secteur d'activité d'entrée, selon le pays de résidence
La répartition spatiale des travailleurs primo-arrivants à leur arrivée sur le marché de l'emploi au Luxembourg a évolué au cours de la période 2002-2024, avec une concentration sectorielle qui se renforce selon le pays de résidence des travailleurs, autrement dit, selon qu'il s'agisse de travailleurs immigrés résidents ou de travailleurs frontaliers.
- Travailleurs immigrés
Les nouveaux travailleurs immigrés s'orientent de plus en plus vers des secteurs à forte intensité de compétences. En 2024, les deux branches "Activités spécialisées, scientifiques et techniques" et "Activités financières et d'assurance" rassemblent, à elles seules, 40 % des entrées de nouveaux travailleurs immigrés. En revanche, la part des métiers manuels au sein de cette population a nettement diminué: elle est passée de 66 % en moyenne entre 2002-2005 à seulement 29 % entre 2021-2024.
- Travailleurs frontaliers
Les nouveaux travailleurs frontaliers restent proportionnellement plus présents que les immigrés dans des secteurs nécessitant moins de qualifications, notamment la construction, le transport et l'entreposage. Toutefois, les secteurs à forte intensité de compétences gagnent également progressivement en importance.
4. Forte mobilité de la main-d'oeuvre étrangère
L'analyse de la rétention montre que la main-d'oeuvre étrangère travaillant au Luxembourg est très mobile. Cela concerne aussi bien les primo-arrivants immigrés que les primo-arrivants frontaliers. Environ 30 % des primo-arrivants sur le marché de l'emploi quittent le Luxembourg dans l'année suivant leur arrivée et 50 % quittent le pays endéans les cinq ans.
Prochaines étapes
Cette première partie de l'étude sera complétée durant l'été 2026 par une deuxième partie qui analysera la position du Luxembourg comme pays de destination pour les immigrés primo-arrivants. Cette deuxième partie permettra d'identifier les facteurs ayant conduit ces immigrés primo-arrivants à privilégier le Luxembourg comme destination. Elle permettra également de positionner le pays par rapport à d'autres destinations et d'identifier les facteurs qui ont pesé en faveur du Luxembourg. Enfin, elle mettra en évidence les facteurs potentiels susceptibles d'inciter les primo-arrivants à quitter le Luxembourg. Elle viendra ainsi compléter la première partie publiée aujourd'hui, en apportant des informations qualitatives supplémentaires.
L'ensemble des travaux menés avec le LISER dans le cadre du projet LUXTALENT s'inscrit dans les travaux du Haut comité pour l'attraction, la rétention et le développement des talents, présidé par Lex Delles, ministre de l'Économie, des PME, de l'Énergie et du Tourisme. Les résultats servent par ailleurs à guider les efforts promotionnels sous la marque "Work in Luxembourg" qui ont été lancés début 2026.
L'étude LUXTALENT "Attraction et rétention des talents au Luxembourg - Partie 1" peut être téléchargée sous le lien suivant: https://gd.lu/3xGmhZ
Communiqué par le ministère de l'Économie et le Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER)