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Conseil "Agriculture et pêche" de l'UE: le Luxembourg plaide pour une PAC plus ciblée, flexible et adaptée aux réalités du terrain
À l'occasion du Conseil "Agriculture et pêche" de l'Union européenne des 22 et 23 juin à Luxembourg, les ministres ont tenu, entre autres, un débat d'orientation sur l'avenir de la politique agricole commune (PAC) après 2027 ainsi qu'un échange de vues sur la situation des marchés agricoles.
Les ministres ont par ailleurs entendu la présentation de Taras Kachka, Vice-Premier ministre de l'Ukraine, sur la situation difficile du secteur agricole dans son pays. La ministre luxembourgeoise de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Viticulture, Martine Hansen a réitéré le plein soutien du gouvernement luxembourgeois à l'Ukraine. Elle a mis en avant que l'Europe et l'Ukraine sont des partenaires pour développer une agriculture souveraine sur le continent européen, tout en soulignant qu'il faut prendre en compte les besoins des secteurs sensibles en Europe.
Une PAC plus ciblée et plus flexible
Dans le cadre des discussions sur la future PAC, Martine Hansen a souligné l'importance de disposer d'une politique agricole cohérente, flexible et centrée sur les agriculteurs qui contribuent à la souveraineté alimentaire et au maintien d'une activité agricole dans les zones rurales.
La ministre a insisté sur la nécessité de poursuivre les réflexions concernant la définition de l'agriculteur actif et le ciblage des aides afin d'orienter davantage le soutien vers les exploitations créatrices de valeur ajoutée.
En effet, lors des discussions du 5 juin dernier avec les représentants des secteurs agricole, viticole et horticole, il a été retenu que le système basé sur l'agriculteur actif, tel qu'il est en place actuellement, devrait pouvoir être maintenu au Luxembourg, éventuellement avec quelques adaptions ponctuelles.
Elle a également rappelé que le soutien aux jeunes agriculteurs devait rester une priorité et a plaidé pour le maintien d'une marge de manoeuvre suffisante pour les États membres dans la mise en oeuvre de certains mécanismes de la PAC.
Le Luxembourg a par ailleurs réaffirmé son attachement à des objectifs communs au niveau européen, tout en veillant à préserver le principe de subsidiarité et à garantir une transition sans heurt entre les périodes de programmation.
Des marchés sous pression, malgré des perspectives plus favorables
Concernant la situation des marchés agricoles, Martine Hansen a relevé que les prix du lait avaient fortement reculé au cours du premier semestre 2026.
Elle s'est montrée prudente quant à une stabilisation progressive des marchés, mais a cependant mise en garde que le rééquilibrage en cours peut provoquer des restructurations profondes, au détriment des producteurs de laits, qui sont les plus vulnérables de la filière.
La ministre a également souligné que les tensions géopolitiques continuaient de peser sur les secteurs agricoles, notamment à travers la hausse des prix de l'énergie et des fertilisants. Elle a salué la réaction rapide de la Commission européenne et les mesures proposées pour soutenir les exploitations agricoles, tout en appelant à une mise en oeuvre rapide et pragmatique afin que les aides puissent parvenir aux agriculteurs sans charges administratives excessives.
Renforcer l'autonomie stratégique de l'agriculture européenne
Enfin, Martine Hansen a rappelé l'importance de renforcer l'autonomie de l'agriculture européenne, en particulier en matière d'intrants, et de poursuivre les travaux sur les stratégies relatives aux fertilisants, aux protéines végétales et à l'élevage.
Communiqué par le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Viticulture