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Jean Asselborn, Discours à l'occasion de la conférence internationale de soutien à l'Afghanistan, Paris
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais tout d’abord exprimer ma reconnaissance à nos hôtes pour avoir pris l’initiative d’organiser cette conférence ministérielle, nous permettant ainsi d’assurer un suivi à la Conférence de Londres, qui a eu lieu il y a maintenant deux ans déjà.
Nous sommes aujourd’hui réunis ici à Paris afin de réaffirmer notre soutien au gouvernement afghan dans les domaines clefs que sont la sécurité, la bonne gouvernance, l’état de droit, les droits de l’homme, et le développement socio-économique.
Dès 2001, le Luxembourg s’est engagé à œuvrer de manière concrète en faveur d’un environnement sûr, stable, démocratique et prospère pour les Afghans, et le Grand-Duché restera engagé aux côtés des Afghans, le temps qu’il faudra. Cette année, le Luxembourg débourse dans le domaine de la coopération au développement quelque 2,3 millions d’euro en faveur de l’Afghanistan, soit 5 € par habitant du Luxembourg. Le montant total d’Aide publique au Développement en faveur de l’Afghanistan depuis 2001 s’élève désormais à 22,39 millions d’euro. Le Luxembourg est aussi engagé militairement en Afghanistan. Il participe ainsi depuis 2003 avec un contingent basé à l’aéroport international de Kaboul à la FIAS. Ceci représente notre deuxième engagement militaire le plus important après le Kosovo.
Messieurs les co-Présidents,
Le but aujourd’hui n’est cependant pas de mettre en avant nos contributions respectives, mais plutôt de nous concentrer sur le message politique que nous souhaitons propager, à savoir que la communauté internationale demeure résolue à apporter au peuple et au gouvernement afghans un soutien s’inscrivant dans le long terme, et à aider le gouvernement à mettre en place un État viable, qui fonctionne et assure la sécurité, respecte l’État de droit et les droits de l’homme, et encourage le développement. Dans ce contexte, je voudrais joindre ma voix à ceux qui ont félicité le gouvernement afghan pour la nouvelle stratégie de développement national - l’ANDS - qui nous a été présentée ce matin: elle me semble répondre aux bonnes questions et relever les vrais défis.
Si depuis 2001 d’importants progrès ont, en effet, pu être réalisés dans de nombreux domaines, on ne peut ignorer que des problèmes continuent à subsister notamment en matière de gouvernance, de corruption et de sécurité, et liée à ces derniers, de la culture de la drogue.
Il est nécessaire que le gouvernement afghan, ensemble avec la communauté internationale, remédie d’urgence à ces problèmes en s’appuyant sur le Pacte pour l’Afghanistan. L’aspect régional est aussi important dans ce contexte: les bonnes relations, la coopération et la coordination avec les pays voisins sont primordiales si l’on veut assurer la stabilité en Afghanistan.
On parle par ailleurs beaucoup d’appropriation afghane, et nous sommes tous d’accord pour dire qu’il importe de renforcer l’appropriation afghane. A cet effet, il est toutefois impératif que le gouvernement afghan montre un sens accru de ses responsabilités.
Le gouvernement afghan devra assumer une plus grande responsabilité dans la reconstruction et le développement. Dans ce domaine, des efforts doivent en effet être faits des deux côtés : si la communauté internationale doit pour sa part veiller à ce que son aide soit mise en œuvre d’une manière plus efficace, la partie afghane doit veiller à une plus grande "accountability" et à un renforcement de ses institutions.
Nous nous attendons à ce que des progrès soient réalisés en matière de réforme institutionnelle et de bonne gouvernance. Une corruption endémique, des réformes haletantes en matière d’Etat de droit, une culture de l’impunité, une situation sécuritaire difficile et une industrie des stupéfiants en plein essor dans certaines provinces menacent d’éroder les progrès réalisés en Afghanistan. Il est urgent que ces fléaux soient adressés de façon ferme et décisive si nous souhaitons maintenir le soutien de nos opinions publiques respectives face à l’engagement de la communauté internationale en Afghanistan et faire de l’Afghanistan une "success story".
Il est une réforme qui ne coûte rien, à savoir l’abolition de la peine de mort. Je suis confiant qu’on pourra bientôt compter l’Afghanistan aux côtés des 104 pays qui se sont exprimés en décembre dernier à l’Assemblée générale des Nations Unies en faveur d’un moratoire sur la peine de mort avec l’objectif d’une abolition à terme.
La tâche est certes de taille, mais avec le soutien continu de la communauté internationale et la prise de responsabilité, je suis confiant que le peuple afghan saura y parvenir.
J’aimerais enfin rendre hommage au travail effectué par la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan et le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afghanistan, M. Kai Eide, auquel revient un rôle crucial de coordination des efforts de la communauté internationale.
Je vous remercie de votre attention.