Dernière modification le
Jean Asselborn, Allocution à l'occasion de la conférence pour le soutien à la sécurité civile palestinienne et à l'État de droit, Berlin
Monsieur le Secrétaire général,
Monsieur le Premier ministre,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
J’aimerais remercier en premier lieu les autorités allemandes d’avoir pris l’initiative d’organiser cette Conférence qui vise à apporter le soutien de la communauté internationale à un domaine crucial pour la construction du futur Etat palestinien. Je voudrais tout particulièrement saluer Frank-Walter Steinmeier pour cette minutieuse préparation.
Je tiens aussi à adresser mes chaleureuses salutations à M. le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Salam Fayyad ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères, M. Ryad al Malki, et à rendre hommage à leurs efforts pour préparer la Conférence d’aujourd’hui et à la détermination dont ils ont su faire preuve jusqu’ici.
Mesdames, Messieurs,
Depuis 1980, date à laquelle la Communauté européenne a reconnu pour la première fois le droit légitime du peuple palestinien à l’autodétermination, l’assistance de l’Union européenne en faveur du peuple palestinien est allée en grandissant.
Le Luxembourg a soutenu le peuple palestinien tout au long des dernières décennies et les Territoires palestiniens continueront à bénéficier d’un statut particulier leur permettant d’être assimilés aux pays partenaires privilégiés de la Coopération luxembourgeoise. Des contributions importantes y sont réalisées chaque année dans le cadre de la coopération bilatérale, de la coopération multilatérale, de l’assistance humanitaire et de la coopération avec les ONG. Notre soutien financier au peuple palestinien a été continuellement accru depuis 2003 pour atteindre en 2007 le chiffre de 6,5 millions d’euro et le Luxembourg continue à occuper le rang de premier contributeur par tête d'habitant à l'UNRWA.
Comme j’avais l’occasion de l’annoncer lors de la Conférence de Paris en décembre dernier, le Gouvernement luxembourgeois a pris la décision de maintenir dans les années à venir la tendance à la hausse de son effort financier aux Palestiniens : ainsi, pour la période 2008-2011, c’est-à-dire la période couverte par le programme de réforme et de développement de l’Autorité palestinienne, le montant global de notre assistance sera de quelque 21 millions d’euro. Bien entendu, ces chiffres sont indicatifs et pourront encore être adaptés, au besoin, en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain. J’espère que tous respecteront les engagements pris à Paris, surtout après ce que Salam Fayyad vient de dire au sujet de la situation budgétaire précaire de l’Autorité palestinienne.
Cette enveloppe sera essentiellement consacrée à la coopération multilatérale et à l’assistance bilatérale et pour appuyer le programme triennal de l’Autorité palestinienne. Elle permettra aussi d’appuyer les projets d’ONG luxembourgeoises actives sur le terrain et de financer des opérations d’assistance humanitaire d’urgence.
S’agissant plus spécifiquement du domaine de la sécurité civile et de l’Etat de droit, qui figure au centre de notre réunion d’aujourd’hui, je tiens à féliciter l’Autorité palestinienne pour les objectifs ambitieux qu’elle s’est fixée dans le cadre des stratégies pour les secteurs de la sécurité et de la justice qui nous ont été soumises aujourd’hui. Afin de contribuer à la mise en œuvre de ces objectifs, et en sus de l’enveloppe financière déjà prévue pour l’année en cours, le Luxembourg apportera un montant de 100.000 euro au programme "Justice now" du Ministère palestinien de la Justice, visant à promouvoir les droits de l’homme.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Une chance historique se présente actuellement à nous pour résoudre ce conflit. L’objectif de la sécurité ne permet pas à lui seul d’assurer la paix et je me permets donc de profiter de l’occasion pour encourager nos amis israéliens et palestiniens à progresser de manière déterminée sur la voie des négociations afin que l’élan né à Annapolis ne soit pas perdu en cours de route.
Je salue le dévouement avec lequel les deux négociateurs en chef, Ahmed Qorei et Zipi Livni, mènent cet exercice difficile des négociations. Même si les résultats des négociations entre Palestiniens et Israéliens ne sont pas publics, le fait que celles-ci continuent depuis des mois, est un signe positif. La communauté internationale entière a les yeux fixés sur les négociateurs des deux côtés, et se tient à leur disposition pour leur apporter tout le soutien dont ils auront besoin.
Cependant, le soutien financier de la communauté internationale n’aura qu’un impact limité en l’absence de mesures pour faciliter le libre mouvement des personnes et des marchandises dans les territoires palestiniens. J’ose donc espérer que les engagements qui seront pris aujourd’hui par la communauté des donateurs puissent être mis en œuvre avec le plein appui de toutes les parties et sans obstacles sur le terrain. De même il est impératif que les engagements pris en matière de colonisation soient enfin respectés. C’est un engagement d’Annapolis. La poursuite de la colonisation a en effet un effet néfaste sur le "confidence building" pourtant essentiel au processus.
Il ne faut pas non plus perdre de vue la Bande de Gaza, dont la population a été exposée à de grandes souffrances ces derniers mois. Dans ce contexte, je salue l'annonce d’un accord sur une cessation des hostilités, de voir finalement un arrêt des tirs de roquettes de Gaza sur Israël et je me félicite de l'intention d'Israël de lever progressivement les restrictions sur Gaza. J’espère que, surtout après ces derniers développements, que les objectifs agréés aujourd’hui pourront être poursuivis, du moins à terme, dans l’intégralité des Territoires palestiniens.
En conclusion, je tiens à réaffirmer le profond attachement du Luxembourg à la création d'un État palestinien indépendant, démocratique et viable, vivant aux côtés d'Israël et de ses voisins dans la paix et la sécurité. Une dynamique de paix s’est enclenchée, faisons la aboutir et mettons une fois pour toutes fin au cycle de violence qui secoue cette région du monde depuis trop longtemps.
Le droit à la sécurité des Israéliens d’une part et le droit à la dignité et de l’espoir des Palestiniens d’autre part, passent par le renforcement de l’Etat de droit en Palestine au centre de cette conférence de Berlin.
Je vous remercie.