Jean Asselborn, Discours à l'occasion de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non-transmissibles

Monsieur le Président,

Je m’associe pleinement à la déclaration que le Commissaire Dalli a prononcée au nom de l’Union européenne.

Cette première réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée aux maladies non transmissibles remonte à une initiative prise par les pays de la Communauté des Caraïbes, que je tiens ici à saluer. Le Luxembourg est fier d’avoir pu contribuer activement, aux côtés de la Jamaïque, à l’élaboration de la déclaration politique que nous avons adoptée ce matin par consensus.

Aujourd’hui, j’en suis convaincu, les maladies non transmissibles (MNT) sortent définitivement de l’ombre. Par le passé, les MNT ont souvent été cachées et mal comprises et leur impact en termes de développement méconnu. Or, nous savons que ces maladies portent un double coup au développement socio-économique : elles provoquent d’importantes pertes au niveau du revenu national, et elles entraînent des millions de personnes au-dessous du seuil de pauvreté. Sans parler des pertes énormes en vies humaines.

Parce que les MNT affectent tous nos pays, la réponse à ce défi ne peut être que globale et universelle. Elle requiert un engagement politique sans pareil. Il est donc crucial de mettre le sujet à l’ordre du jour de notre Assemblée générale, ici à New York. Il importe de même de mettre pleinement à profit, et de poursuivre, les travaux conduits à Genève sous la direction de l’Organisation mondiale de la santé. Je me réfère ici notamment à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac et aux stratégies qui ont été développées pour lutter contre les quatre principales maladies non transmissibles et leurs facteurs de risque communs.

Notre approche doit d’abord mettre l’accent sur la prévention des MNT, car c’est le moyen le plus efficace et le plus efficient d’obtenir des résultats concrets. Elle doit aussi être multisectorielle, en promouvant la "santé dans toutes les politiques". La santé, l’agriculture, l’éducation, le sport, l’environnement, le commerce et l’industrie: les politiques suivies dans tous ces domaines et d’autres encore, ont un impact direct sur l’efficacité de notre réponse à la crise des MNT.

Enfin, nous devons établir des systèmes de santé durables en assurant un financement soutenu, une bonne gouvernance, une formation adéquate du personnel de santé, la couverture universelle des plans de santé et l’accès aux médicaments essentiels. Ce sont là des exigences fortes, de surcroît en temps de crise économique, mais il s’agit d’une question de solidarité et d’équité. Etablir des systèmes de santé durables, c’est contribuer à garantir le droit de chacun de posséder le meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre, un droit fondamental auquel nous avons tous souscrit.

Monsieur le Président,

Le Luxembourg répond d’ores et déjà à l’appel contenu dans notre déclaration politique: les maladies non transmissibles sont incluses dans la stratégie sectorielle "santé" de sa politique de coopération au développement. La santé est une priorité puisque nous y consacrons plus de 11% de notre aide publique au développement, qui a représenté 1,09% de notre revenu national brut en 2010.

De longue date, le Luxembourg contribue ainsi au renforcement des systèmes de santé dans ses pays partenaires, par exemple au Laos et au Sénégal. En Mongolie, nous appuyons un important programme de développement des soins de santé cardio-vasculaires, en utilisant l’approche innovante de la télémédecine. Nous faisons par ailleurs des contributions annuelles croissantes à l’OMS pour soutenir son objectif stratégique visant les affections chroniques non transmissibles dans les pays en développement.

Monsieur le Président,

Pour conclure, permettez-moi de saluer le fait qu’après ce premier pas que nous franchissons aujourd’hui à l’Assemblée générale, d’autres pas suivront. Grâce à la déclaration politique que nous venons d’adopter, un suivi adéquat sera assuré dans les années à venir. Je peux vous assurer que le Luxembourg continuera à participer à cet effort global pour prévenir et maîtriser les maladies non transmissibles.

Je vous remercie de votre attention.

Membre du gouvernement

ASSELBORN Jean

Date de l'événement

19.09.2011