Jean Asselborn: Bonjour Monsieur.
Journaliste: Les États-Unis auraient donc fait installer des micros dans les bâtiments de l’Union européenne, auraient infiltré leur réseau informatique. Quel est ce midi votre sentiment?
Jean Asselborn: Si ces révélations s’avèrent exactes, c’est extrêmement grave, parce que cela affecte profondément la confiance de la diplomatie européenne avec les États-Unis. C’est gravissime. Le Service de renseignements des États-Unis ne serait manifestement pas sous contrôle, contrôle digne d’une démocratie.
Journaliste: En tant qu’européen allié des États-Unis, vous vous sentez trahi?
Jean Asselborn: Ecoutez, je pense que cela démontre, encore une fois si vous permettez l’expression, que sous l’obsession du sigle « lutte contre le terrorisme », tout semble être permis. Il s’agit vraiment d’une remise en cause du fondement de la démocratie, c’est-à-dire de la protection des libertés fondamentales. Et cela est très, très grave. "Trahi"… écoutez, il faut que cela se vérifie, et si vraiment cela a eu lieu, alors il faut rétablir très, très vite la confiance entre les États-Unis et l’Union européenne.
Journaliste: Vous pensez vraiment comme Martin Schulz, le Président du parlement européen, que cette affaire puisse nuire durablement, considérablement aux relations entre l’Europe et les États-Unis?
Jean Asselborn: Je ne voudrais pas aller si loin. Je pense d’ailleurs que remettre maintenant en cause cet accord libre échange, n’est peut-être pas dans l’intérêt des deux parties. Mais je pense qu’il faut donner un signal clair depuis l’Europe, afin que les États-Unis contrôlent leur propre service secret, plutôt que les partenaires de l’Union européenne. Si vous me permettez une dernière phrase, je pense vraiment qu’il faut que très, très vite on rétablisse la confiance au plus haut niveau. Parce que là il faut vraiment que ces fossoyeurs de l’amitié entre l’Union européenne et les États-Unis soient mis hors service, il faut qu’ils cessent, parce que sinon, comme vous le dites, il y aura un sentiment de trahison (ënnerbrach)
Journaliste: Vous envisagez de vous réunir, rapidement, vous envisagez de vous réunir avec vos homologues européens pour évoquer cette affaire?
Jean Asselborn: Je crois que d’abord il faut que tout cela soit vérifié. Je n’ai pas de raison de ne pas croire le Spiegel. Et si cela s’avère être la vérité, il faut vraiment tout entreprendre pour que l’Europe puisse réagir de façon coordonnée.