"Les missions de PALIS seront élargies"

Interview avec Martine Hansen dans Le Quotidien

Interview: Le Quotidien (Charles Hoffsess)

Le Quotidien: Concrètement, depuis combien de temps tout ce projet est en réflexion?

Martine Hansen: Cela a commencé à partir de l'affaire de monsieur Rodrigues. Nous avons alors entamé les discussions avec le ministère de l'Égalité des genres et de la Diversité, le COSL ainsi que les fédérations, puis la décision de définir un cadre pour l'intégrité dans le sport a été prise. Nous avions déjà défini que I'ALAD (NDLR: Agence luxembourgeoise antidopage) devrait avoir plus de missions afin de devenir l'Agence luxembourgeoise pour l'intégrité dans le sport (ALIS). Cet accord de coalition sera mis en oeuvre d'ici deux à trois semaines, ce qui signifie que les missions de PALIS seront élargies. En plus de la lutte antidopage, elle sera en charge du safeguarding (la protection des personnes) et de la lutte contre la manipulation des compétitions. Ensuite, le COSL et les différents ministères ont élaboré une charte nationale d'éthique dans le sport, qui sera finalisée sous peu. Une commission nationale d'éthique dans le sport, indépendante de PALIS, va également être mise en place. Pour moi, c'est quelque chose d'essentiel pour que la politique d'intégrité puisse fonctionner.

Le Quotidien: En parlant de safeguarding justement, nous avons un exemple dans l'actualité récente avec le désormais ex-sélectionneur des dames, Dan Santos, qui a envoyé un communiqué aux rédactions du pays (jeudi dans le courant de l'après-midi) dans lequel il se défend d'avoir commis ce qui lui est reproché. Est-ce que vous en avez déjà pris connaissance?

Martine Hansen: Je n'ai pas encore pris connaissance de cela. Mais simplement pour dire, PALIS aurait été la place où les dames aurait pu parler de ce problème. Et alors, PALIS aurait pu leur apporter de l'aide. Je n'ai pas vu les informations que la FLF a reçues, mais à partir du moment où l'on reçoit des preuves et, je l'ai dit à la Chambre, il est essentiel de réagir directement. Et cela, la FLF l'a fait.

Le Quotidien: Pourtant des signalements avaient été faits auprès de la FLF depuis 2023. Est-ce que tout cela aurait pu être évité si PALIS avait déjà été en place?

Martine Hansen: Mais selon mes informations, la FLF n'avait reçu aucune preuve. La fédération en a reçu récemment et a directement réagi.

Le Quotidien: Même question concernant l'affaire Gerson Rodrigues...

Martine Hansen: La décision de la FLF aurait pu être accélérée parce qu'une commission nationale d'éthique aurait analysé les faits et donné un avis à la FLF. Cela aurait quand même aidé. À la suite du cas Rodrigues, il avait été décidé en principe de créer une commission d'éthique pour le football. Après quoi, l'État a pris la décision avec le COSL de créer une commission nationale d'éthique pour l'ensemble des sports parce que sinon on aurait eu une commission nationale d'éthique pour chaque sport, ce qui ne sert pas à grand-chose je pense.

Le Quotidien: Si certaines fédérations ne jouent pas le jeu, pourraient-elles être sanctionnées?

Martine Hansen: Nous devons encore discuter avec le COSL. Ce que l'on va faire pour l'instant, c'est motiver toutes les fédérations à signer. Puis, nous allons évaluer combien adhérent à la charte ou non et en suite, nous aviserons.

Le Quotidien: Avez-vous déjà eu des retours des fédérations?

Martine Hansen: Huit fédérations étaient représentées dans le groupe de travail et naturellement, toutes les huit veulent signer la charte. Qui doit d'abord être élaborée, ce que l'on va s'atteler à faire dans les semaines à venir. Elle sera envoyée à toutes les fédérations et nous aurons alors d'autres retours.

Membre du gouvernement

HANSEN Martine

Organisation

Ministère des Sports

Thème

Sports