Bilan des récoltes: Les céréales et le fourrage fortement impactés par les vagues de canicule et la sécheresse

La ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Viticulture, Martine Hansen, a rencontré aujourd'hui les représentants du secteur céréalier — De Verband Group/Versis, Bauere Koperativ (BAKO), Moulins de Kleinbettingen et Lëtzebuerger Saatbaugenossenschaft (LSG) — pour faire le point sur la récolte. La rencontre s'est tenue dans les locaux de De Verband à Colmar-Berg.

Une moisson historiquement précoce achevée en août

Les cultures d'hiver ont été semées en automne dans des conditions normales et se sont bien développées en hiver. Les fortes précipitations en février ont un peu retardé les premiers travaux d'entretien des cultures d'hiver ainsi que les semis des céréales de printemps. Au cours des mois suivants, plus secs, les cultures se sont bien développées, mais les vagues de chaleur apparues dès la mi-mai, puis en juin, combinées à un déficit hydrique ont fortement accéléré la maturation des céréales.

Pour les céréales d'hiver, les représentants du secteur dressent un bilan globalement satisfaisant, malgré des rendements légèrement inférieurs à la moyenne des dernières années. Pour les céréales de printemps, en revanche, la sécheresse a davantage impacté les rendements et la qualité.

La récolte de l'orge d'hiver a débuté autour de la Fête nationale. Avec des déficits de précipitations pouvant atteindre 100mm en juin et juillet, les céréales ont atteint leur maturité à un rythme exceptionnel. La moisson était ainsi achevée dans tout le pays dès le début du mois d'août, une précocité historique.

La situation géopolitique grève la rentabilité des cultures céréalières

Malgré une remontée de 10 à 15% des prix des céréales par rapport à l'année précédente, la production reste déficitaire, estime Serge Turmes, directeur de De Verband Group/Versis. La crise au Moyen-Orient a notamment renchéri les prix des engrais et du carburant. La hausse des cours des céréales ne suffit pas à absorber l'augmentation des coûts de production, d'autant plus que les rendements sont en baisse.

Perspectives positives pour le colza d'hiver, l'épeautre et l'avoine

Parmi les récoltes satisfaisantes figure celle du colza d'hiver. En partie déterminés par les cours des huiles, ses prix de vente sont restés favorables et cette culture tire son épingle du jeu.

L'épeautre et l'avoine, des cultures de niche moins exposées aux fluctuations du marché mondial, affichent également des résultats encourageants. L'avoine d'hiver a notamment livré de bons rendements et une très bonne qualité, indique Günter Mertes, gérant de la Bauere Koperativ (BAKO). L'épeautre se distingue pour sa part par une bonne stabilité des prix au cours des dernières années.

Du côté du blé panifiable labellisé "Produit du terroir", les volumes récoltés dépassent 11.000 tonnes, soit 9% de moins que l'an dernier et sensiblement moins que prévu, indique Frédéric Baijot des Moulins de Kleinbettingen. La qualité est toutefois au rendez- vous, avec une récolte qui s'annonce particulièrement favorable à la transformation en produits de boulangerie.

La production fourragère et la filière de la pomme de terre en berne

La situation est beaucoup plus préoccupante dans le secteur fourrager. Environ trois quarts de la surface agricole utile du pays sont consacrés à la production de fourrages destinés à l'alimentation des ruminants. Dans les prairies, deux coupes moyennes, mais de bonne qualité, ont pu être réalisées. La sécheresse a en revanche pratiquement anéanti la troisième coupe. Les éleveurs puisent déjà depuis plusieurs semaines dans des réserves initialement destinées à l'hiver. L'évolution des précipitations au cours des prochaines semaines sera déterminante pour la dernière coupe attendue à l'automne.

La situation est tout aussi contrastée pour le maïs ensilage. Certaines parcelles affichent encore de bons peuplements, tandis que d'autres, durement touchées par le manque d'eau, ont déjà dû être récoltées. Ce qui détermine cette année la réussite ou l'échec, ce sont l'abondance des averses de pluie locales et la capacité des exploitations agricoles à s'adapter.

Les deux dernières années ont été favorables à la production fourragère, de façon à que certaines exploitations puisent encore dans leurs réserves. Il est maintenant crucial que de nouvelles pluies arrivent, ainsi la ministre de l'Agriculture, Martine Hansen.

Le secteur de la pomme de terre connaît une évolution similaire. Après une récolte exceptionnellement abondante l'an dernier, les parcelles présentent cette année des situations très contrastées selon les conditions locales. Les producteurs s'attendent à des chutes de rendements.

Primes d'assurance contre les pertes de récolte cofinancées par le ministère de l'Agriculture: d'importants dégâts attendus dans les céréales, le maïs et les prairies

Pour Martine Hansen, les conditions de cette année illustrent une nouvelle fois la nécessité pour l'agriculture de s'adapter au changement climatique: "Nous observons avec inquiétude les fluctuations météorologiques extrêmes, l'instabilité géopolitique, la volatilité des prix à la production et l'augmentation des coûts de production. Pour nos agriculteurs, il est crucial de diversifier leurs productions, d'anticiper, et de souscrire des assurances contre les pertes de rendement, dont les primes sont subventionnées à hauteur de 65% par le ministère de l'Agriculture."

Les premières estimations font état de dégâts particulièrement importants dans les cultures assurées: environ 5.600 hectares de céréales et 6.000 hectares de maïs seraient concernés. Les prairies ont elles aussi subi d'importants dommages liés à la sécheresse, mais il est encore trop tôt pour avancer un chiffre précis.

Le 4 septembre, le bilan des vendanges sera tiré à Remich en présence de la ministre Martine Hansen.

Communiqué par le Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Viticulture, De Verband, Lëtzebuerger Saatbaugenossenschaft, BAKO Bauerekoperativ und Moulins de Kleinbettingen