Dernière modification le
Luxmobil 2025 - des habitudes de déplacement en évolution, une base solide pour le futur Plan national de mobilité 2040
Luxmobil 2025 révèle des habitudes de déplacement en pleine évolution et confirme la dynamique engagée en faveur d'une mobilité plus durable au Luxembourg. Grâce à une connaissance approfondie des comportements de mobilité, cette enquête fournit des repères essentiels pour anticiper les défis de demain, planifier les réponses aux besoins futurs et préparer le futur Plan national de mobilité 2040.
La ministre de la Mobilité et des Travaux publics, Yuriko Backes, a présenté les premiers résultats de l'enquête nationale sur la mobilité Luxmobil 2025[1]. Réalisée auprès de 9.000 résident·e·s et travailleur·euse·s frontalier·ère·s, cette enquête constitue une source de référence pour mieux comprendre les comportements de déplacement en lien avec le Luxembourg et accompagner l'évolution des politiques publiques de mobilité. Elle a porté sur les jours ouvrables hors vacances scolaires de sorte que les chiffres présentés se rapportent aux comportements de mobilité un jour ouvrable. À noter qu'un échantillon restreint de résident·e·s a également été interrogé sur le samedi.
"Les résultats de Luxmobil 2025 démontrent que les transformations engagées ces dernières années portent leurs fruits. Le report modal vers les modes alternatifs à la voiture progresse, l'utilisation des transports publics augmente et les solutions de mobilité durable gagnent du terrain. Cela confirme qu'un investissement constant et cohérent dans les infrastructures et les services de transport permet de faire évoluer les comportements. Préparer la mobilité de demain exige une vision à long terme et la poursuite des efforts engagés. En matière de mobilité, les bénéfices se mesurent en qualité de vie améliorée et en attractivité renforcée pour notre pays", a souligné Yuriko Backes.
Une photographie détaillée des déplacements quotidiens
Huit ans après la première édition de Luxmobil en 2017, le Luxembourg a connu d'importantes transformations démographiques, économiques et territoriales. Le pays compte aujourd'hui près de 90.000 résident·e·s supplémentaires et environ 50.000 travailleur·euse·s frontalier·ère·s supplémentaires. Dans le même temps, l'offre de mobilité a fortement évolué avec notamment la mise en service du tramway, le développement du télétravail, la progression de l'usage du vélo, l'ouverture de la gare de Howald et la réorganisation des réseaux de transports publics routiers. Dans ce contexte, une actualisation des données de mobilité était indispensable afin de disposer d'une vision précise des besoins actuels et futurs.
Réalisée sous la coordination scientifique du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser) et du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) avec le soutien d'Ilres pour la collecte des données, l'enquête a permis de garantir la qualité scientifique et la représentativité des données recueillies. Les résultats sont accessibles au grand public via un site internet interactif, permettant d'explorer les différents indicateurs de mobilité.
Des comportements de mobilité diversifiés
L'enquête met en lumière la diversité des déplacements effectués quotidiennement. Lors d'un jour ouvrable, les résident·e·s et les travailleur·euse·s frontalier·ère·s génèrent trois grands pics de mobilité au cours de la journée, dont les caractéristiques varient selon les profils. Les trajets domicile-travail constituent les déplacements les plus fréquents, mais ils ne représentent que 17,2 % de l'ensemble des déplacements quotidiens des résident·e·s. Les déplacements liés au travail et aux loisirs restent les principaux motifs de mobilité, illustrant la multiplicité des activités qui structurent les déplacements au quotidien.
Les résultats montrent également que les déplacements s'organisent majoritairement à l'intérieur d'une même zone géographique. Les choix de mode de transport varient selon les distances parcourues: la marche prédomine pour les trajets courts, tandis que la voiture conserve une place importante pour les déplacements plus longs. L'étude met toutefois en évidence une progression de la multimodalité, les usager·ère·s ayant recours à la combinaison de plusieurs modes de transport au cours d'un même déplacement lorsque les distances augmentent.
En écartant les 12 % des résident·e·s qui ne quittent pas leur domicile un jour ouvrable, les résident·e·s consacrent en moyenne 1 heure 44 minutes à leurs déplacements. Les travailleur·euse·s frontalier·ère·s présentent des temps de trajet plus élevés, atteignant près de 2 heures 20 minutes par jour pour celles et ceux résidant en Allemagne. Malgré ces contraintes, les niveaux de satisfaction demeurent élevés: 77 % des résident·e·s se déclarent satisfait·e·s ou très satisfait·e·s de leurs déplacements domicile-travail et 87 % de leurs autres déplacements quotidiens. Le taux de satisfaction concernant les déplacements domicile-travail auprès des salarié·e·s allemand·e·s, belges et français·e·s est respectivement de 56 %, de 55 % et de 43 %.
Un report modal entre 2017 et 2025 conforme aux objectifs de mobilité
Entre 2017 et 2025, les habitudes de déplacement évoluent dans le sens souhaité. Alors que le nombre global de déplacements a augmenté de 14 %, les déplacements en voiture par une personne seule n'ont progressé que de 7 %, ceux en covoiturage de 17 %, avec les transports en commun de 22 % et ceux à vélo de 81 % par rapport à 2017. La marche à pied compte désormais pour 23 % de tous les déplacements au Grand-Duché de Luxembourg. Ce taux n'est pas comparable à celui de 2017 pour des raisons méthodologiques.
Ainsi, parmi les déplacements effectués autrement qu'à pied, la part des trajets effectués en voiture individuelle diminue, passant de 55,7 % à 52,5 %. La part modale du covoiturage passe de 23,6 % à 24,3 %. Les transports publics enregistrent également une progression, leur part passant de 18,6 % à 20 %, ce qui correspond à environ 72.000 trajets supplémentaires par jour. Le vélo connaît la croissance relative la plus marquée en passant de 2 % à 3,2 %.
La comparaison entre Luxmobil 2017 et Luxmobil 2025 met ainsi en évidence une évolution du report modal conforme aux objectifs poursuivis par les politiques publiques de mobilité. Les résultats confirment que les investissements réalisés ces dernières années contribuent à renforcer l'attractivité des alternatives à la voiture individuelle et à accompagner l'évolution des habitudes de déplacement.
Une base pour le futur Plan national de mobilité 2040
À l'instar de Luxmobil 2017, qui avait servi de fondement au Plan national de mobilité 2035, les résultats de Luxmobil 2025 constitueront l'une des principales bases de travail pour l'élaboration du futur Plan national de mobilité 2040 (PNM 2040), dont la présentation est prévue en 2027. Afin de suivre encore plus précisément les évolutions des comportements de mobilité, le ministère envisage par ailleurs de faire évoluer le dispositif Luxmobil vers un modèle d'observation plus régulier, reposant sur des enquêtes annuelles auprès d'échantillons de taille plus réduite. Cette approche permettra de disposer en continu d'indicateurs actualisés et d'adapter les politiques publiques au plus près des besoins et attentes de la population, en tenant compte des évolutions démographiques et économiques.
Une enquête Luxmobil "Dimanche" sera lancée le 21 septembre parmi les résident·e·s. Jusqu'à la fin de l'année 2026, Ilres contactera par téléphone un échantillon représentatif de ménages, avec l'option de répondre en luxembourgeois, français, allemand ou anglais. Les résultats permettront notamment de vérifier si l'offre de transports en commun correspond aux besoins de la population un dimanche. La ministre de la Mobilité et des Travaux publics a tenu à remercier les 9.000 personnes ayant participé à l'enquête ainsi que celles et ceux qui participeront à celle portant sur les déplacements le dimanche.
[1] Réalisée sous la coordination scientifique du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser) et du Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement), avec le soutien d'Ilres pour la collecte des données, l'enquête Luxmobil 2025 garantit la qualité scientifique, la représentativité et la robustesse méthodologique des résultats présentés.
Communiqué par le ministère de la Mobilité et des Travaux publics