Jean-Claude Juncker, Jean Asselborn et Nicolas Schmit au Conseil européen extraordinaire consacré à la situation en Géorgie

Le Premier ministre Jean-Claude Juncker, le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et de l’Immigration, Jean Asselborn, ainsi que le ministre délégué aux Affaires étrangères et à l’Immigration, Nicolas Schmit, ont participé au Conseil européen extraordinaire qui s'est tenu le 1er septembre 2008 à Bruxelles.

Les discussions des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont été exclusivement consacrées aux suites que compte donner l’Union européenne au conflit entre la Russie et la Géorgie.

La réunion du Conseil européen a été précédée d'un exposé de Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, à l'issue duquel un échange de vues a eu lieu.

D’après les conclusions de la Présidence, "le Conseil européen est gravement préoccupé par le conflit ouvert qui a éclaté en Géorgie, par les violences qu'il a entraînées et par la réaction disproportionnée de la Russie".

Le Conseil européen condamne la décision de la Russie de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud

Dès lors, "le Conseil européen condamne fermement la décision unilatérale de la Russie de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Cette décision est inacceptable et le Conseil européen appelle les autres États à ne pas reconnaître ces indépendances proclamées et demande à la Commission d’examiner les conséquences concrètes à en tirer".

À ce sujet, le Premier ministre Jean-Claude Juncker a dit à l'issue de la réunion: "Il est illusoire de croire que la Russie reviendra sur sa décision de reconnaître unilatéralement l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. La communauté internationale devra discuter de la sécurité et de stabilité de ces deux régions, non pas en brandissant la menace de sanctions contre la Russie, mais en aidant la Géorgie, aussi bien sur la plan humanitaire qu’économique. Nous pensons d’ailleurs que des discussions sur une amélioration substantielle du fonctionnement de la démocratie en Géorgie s’imposent également".

Le Conseil européen s’est félicité que l'accord en six points obtenu le 12 août 2008 sur la base des efforts de médiation de l’Union européenne "ait débouché sur un cessez-le-feu, sur un meilleur acheminement de l’aide humanitaire aux victimes et sur un retrait substantiel des forces militaires russes". Le Conseil européen a dès lors demandé que la mise en œuvre de ce plan soit complète et a appelé les parties à poursuivre la mise en œuvre intégrale et de bonne foi de l’accord auquel elles ont souscrit.

Aide à la Géorgie

Après avoir apporté une aide d’urgence, l’Union européenne est disposée à apporter une aide à la reconstruction en Géorgie, y compris dans les zones d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Concrètement, "l’Union est prête à soutenir des mesures de confiance et le développement de la coopération régionale. Elle décide également de renforcer sa relation avec la Géorgie, y compris à travers la facilitation des visas et la mise en place éventuelle d’une zone de libre-échange complète et approfondie dès que les conditions en seront réunies. Elle prendra l'initiative de réunir à bref délai une conférence internationale en vue d'aider à la reconstruction de la Géorgie".

La relation entre l’UE et la Russie

Au sujet de la relation entre l’UE et la Russie, le Conseil européen a souligné qu’il n’y avait "pas d’alternative souhaitable à une relation forte, fondée sur la coopération, la confiance et le dialogue, sur le respect de l’État de droit et des principes reconnus par la Charte des Nations unies et par l’OSCE. C’est pourquoi nous avons lancé, en juillet dernier, la négociation d’un nouvel accord-cadre entre l’Union et la Russie."

Le Conseil européen a néanmoins demandé au Conseil, avec la Commission, d’examiner la situation et les différentes dimensions de la relation UE-Russie. Selon le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et de l'Immigration, Jean Asselborn, "il faut garder les canaux de dialogue avec la Russie ouverts de façon intelligente. Le plan en six points, qui est à ce jour le seul document reconnu par la Russie, la Géorgie, les États-Unis et l’Union européenne, n’a pu être élaboré que parce que le dialogue avec la Russie a été maintenu. Ce plan, en dépit des faiblesses qu’il contient, restera la ligne directrice de notre action dans la région pour les mois à venir".

Finalement, le Conseil européen a donné mandat à son président de poursuivre les discussions en vue d'une application intégrale de l'accord en six points. Dans ce but, le président du Conseil européen se rendra à Moscou le 8 septembre 2008, accompagné du président de la Commission et du Haut Représentant.

Les conclusions de la Présidence précisent à la fin que les réunions en vue de la négociation de l'accord de partenariat [UE-Russie] sont reportées tant que le retrait des troupes [russes] sur leurs positions antérieures au 7 août n'aura pas été réalisé. "Nous nous attendons à ce que les troupes russes se replient sur leurs positions d’avant-conflit avant le 8 septembre. Si cela ne se faisait pas, nous aurions à décider des conséquences de ce comportement", a conclu le Premier ministre Juncker.